«4 pour 1.000», chevau-léger de la santé des sols

Le 18 septembre 2020 par Romain Loury
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Les sols, acteur climatique majeur
Les sols, acteur climatique majeur
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Lancée en 2015 par la France, l’initiative «4 pour 1.000» continue à tracer son sillon sur l’enrichissement des sols agricoles en carbone, malgré un budget très en-deçà des enjeux.

Lancée en marge de la COP21 par le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll[i], l’initiative «4 pour 1.000» compte trois objectifs: primo, lutter contre le changement climatique par séquestration du carbone; deuxio, permettre à l’agriculture de s’adapter face au réchauffement, l’enrichissement des sols en carbone organique améliorant leur fertilité et leur résistance à l’érosion; tertio, lutter contre l’insécurité alimentaire, grâce à l’amélioration des rendements.

Courroie de transfusion entre décideurs, scientifiques, ONG, entreprises et agriculteurs, «4 pour 1.000», hébergé par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) à Montpellier, s’est dotée en juin d’un plan stratégique fixant des objectifs à 2030 et 2050, donc certains relatifs à l’émergence de projets scientifiques innovants, d’autres à la mise en place de stratégies nationales sur la santé des sols.

Si la morosité ambiante liée à la crise sanitaire n’épargne pas l’initiative, celle-ci n’a pas chômé au cours des deux années écoulées, multipliant les réunions régionales sur la santé des sols, en Afrique, en Amérique du Nord et en Asie –la prochaine, ayant trait à l’Amérique latine, devrait avoir lieu en mai 2021 au Brésil.

Un budget en-deçà des attentes

Côté budget, les ressources demeurent bien moins importantes que ne le souhaiterait son secrétaire exécutif Paul Luu. Alors que les activités 2020 étaient chiffrées à 850.000 euros, seuls «250.000 à 300.000 euros ont finalement été obtenus, moins de la moitié de ce qu’on nous avait promis», indique-t-il au JDLE.

Le principal contributeur est la France (100.000 euros en 2020, contre 200.000 euros en 2019), devant l’Allemagne et l’Espagne, qui rémunèrent des postes de scientifiques à temps plein sur le sujet. Egalement donateurs, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

«Nous aimerions bien avoir les coudées franches pour faire plus», reconnaît Paul Luu. D’autant que l’enjeu de la santé des sols, dont la reconnaissance va croissant, est crucial pour l’avenir climatique: par les émissions qu’elle génère, «elle fait partie du problème, nous voulons montrer qu’elle fait aussi partie des solutions».



[i] Actuellement vice-président de 4 pour 1.000, le maire du Mans devrait en devenir président en décembre prochain.