30 milliards d'euros pour les routes du Royaume-Uni

Le 25 août 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Près de 8000 km de routes seront rénovés au Royaume-Uni.
Près de 8000 km de routes seront rénovés au Royaume-Uni.

Au Royaume-Uni, les contours d’un vaste plan d’investissement dans le réseau routier ont été dévoilés vendredi 21 août. Les militants écologistes montent au créneau.

 

Fin juillet 2020, le Royaume-Uni dotait le vélo de pas moins de 2 milliards de livres (Mds£), soit 2,2 Mds €. Une révolution verte en route ? Pas si vite. Vendredi dernier, Highways England, l’entreprise publique responsable de la gestion des routes du pays, qui travaille en coopération avec le ministère des transports, est revenue en détail sur la Stratégie d'investissement routier 2 (RIS2). Un programme à 27,4 Mds£ (30,47 Mds€) qui couvre la période 2020 à 2025 pour les infrastructures routières.

Au menu : remplacement, réparation et augmentation de capacité des autoroutes et des principales routes du Royaume. 14 Mds £ (15,57 Mds €) seront versés à cet effet dans un premier temps. «Au cours des cinq prochaines années, nous augmenterons la capacité là où elle est le plus nécessaire et continuerons de moderniser davantage le réseau qui a souffert de décennies de sous-investissement», a justifié Jim O’Sullivan, directeur général de Highways England.

Des voix s’élèvent

En tout, ce sont 64.000 emplois dans le secteur de la construction qui seront soutenus, promet le gouvernement dans un communiqué. «Le plan que nous lançons aujourd’hui protégera et créera des emplois pour contribuer à la reprise du pays, et rendra les trajets plus rapides et plus fiables pour les usagers du fret et de la route.», a assuré Jim O’Sullivan. Parmi les projets entre autres : la construction d'un nouveau tunnel routier sous la Tamise entre l'Essex et le Kent, ou encore l'élargissement de l'A19 à Sunderland (Nord-est). Mais aussi : rénover la surface de près de 5.000 milles (environ 8.000 km) de route, installer ou renouveler plus de 1.000 miles (1.600 km) de barrières de sécurité sur les autoroutes et les routes à deux voies, renouveler plus de 170 ponts et autres structures…

20% des émissions britanniques

Des investissements loin d’être plébiscités ! Les appels ne manquent pas pour que les dépenses du plan soient repensées. Alors que le transport routier représente à lui seul environ un cinquième des émissions totales de gaz à effet de serre du pays, certains souhaitent voir ces financements réorientés vers des modes de déplacement plus verts et vers le haut-débit pour faciliter le travail à distance, pratiqué pendant des mois de confinement.

Le responsable transports de Greenpeace UK, Richard George, a par exemple qualifié le projet de «gaspillage colossal d’argent public». Et d’ajouter : «Au lieu de dépenser de l'argent sur les routes qui ne feront que créer plus de trafic et générer plus de pollution, nous devons investir dans des transports plus sains et plus durables, accessibles à tous, tels que des itinéraires cyclables décents et de meilleurs services de bus et de train».

La justice à la rescousse ?

De son côté, Highways England assure dans son communiqué que l’investissement viendra stimuler la biodiversité, lutter contre la pollution sonore et économisera «des millions d'heures en améliorant les temps de trajet». Sans plus de précisions.

Plus largement, le Réseau Action Climat britannique (Transport Action Network) a accusé le ministère des transports, le Trésor et Highways England de sous-estimer l'impact des émissions de la RIS 2. Il estime que le ministère des transports devrait s’inquiéter de l’empreinte écologique de ces infrastructures plutôt que de leurs apports supposés. L'organisation menace d’engager une action en justice contre RIS2 depuis avril. Le motif : son incompatibilité avec l’objectif de zéro émission nette du Royaume-Uni en 2050.