Zika: la faute à El Niño

Le 22 décembre 2016 par Romain Loury
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Aedes aegypti
Aedes aegypti
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L’épidémie de Zika en Amérique latine serait en grande partie liée à El Niño, dont le continent a connu un épisode particulièrement marqué en 2015-16, révèle une étude publiée mardi 20 décembre dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Isolé pour la première fois chez le singe, en Ouganda, en 1947, le virus Zika a fait bien du chemin depuis: après une épidémie en 2013-14 en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, il est arrivé en 2013 en Amérique du Sud. Il s’y est depuis répandu comme une traînée de poudre, touchant un total de 73 pays dans le monde, dont 23 ont déclaré des cas de microcéphalie chez des nouveau-nés et de syndrome neurologique de Guillain-Barré chez l’adulte.

A l’origine de sécheresses historiques en Afrique et d’importants feux de forêt en Indonésie, au Canada et aux Etats-Unis, l’intense épisode El Niño qui s’est déroulé de l’automne 2015 au printemps dernier  ne serait pas pour rien dans cette flambée épidémique, révèle une étude menée par Cyril Caminade, épidémiologiste à l’université de Liverpool (Royaume-Uni), et ses collègues.

El Niño, facteur déclencheur

Les chercheurs ont évalué la dynamique mondiale de transmission de la maladie par ses deux principaux vecteurs, à savoir les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus (surnommé «moustique tigre»). «Notre modèle suggère que ce sont les conditions de température liées à l’El Nino de 2015 qui ont joué un rôle majeur dans le lancement de l’épidémie –presque deux ans après l’introduction présumée du virus sur le continent», explique Cyril Caminade.

«D’autres facteurs ont pu jouer un rôle dans l’amplification de l’épidémie, par exemple le fait que la population sud-américaine n’avait jamais été exposée au virus [elle n’était donc pas immunisée contre lui, ndlr], ou encore le risque liés au voyageurs et au commerce, la virulence de la souche impliquée, et des co-infections avec d’autres virus, dont celui de la dengue», ajoute le chercheur.

Bientôt d’autres zones touchées

Grâce à ce modèle, les chercheurs espèrent pouvoir prévoir la survenue d’autres flambées du virus. Selon eux, il pourrait prochainement surgir au sud-est des Etats-Unis, dans le sud de la Chine et en Europe méridionale. De la même manière que le chikungunya, qui a déjà occasionné plusieurs cas humains en Floride et dans le sud de la France.



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