Yannick Jadot: «Je défends EDF»

Le 22 février 2017 par Marine Jobert
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Des affiches bientôt obsolètes?
Des affiches bientôt obsolètes?
MJ

Pas de grandes embardées clivantes ou d’appels du pied trop ostentatoires… Alors que sa candidature à l’élection présidentielle est suspendue à l’issue des négociations avec Benoit Hamon, c’est un Yannick Jadot de facture classique qui s’est prêté au jeu des questions d’Isabelle Autissier, la présidente du WWF, et des internautes. Sortie du nucléaire, transition écologique, agriculture, démographie, bien-être animal. Le Journal de l’environnement a sélectionné pour vous les prises de position les plus saillantes de celui qui reste, pour l’heure, le candidat des écologistes à l’élection présidentielle 2017.

100% d’énergies renouvelables en 2050

Cela commence par une sortie rapide du nucléaire en 20 ans. Mais la bonne nouvelle, c’est que l’enjeu n’est pas seulement de sortir du risque nucléaire. Il s’agit que les énergies renouvelables soient devenues plus compétitives que l’énergie nucléaire. Il y a 10 ans, même les scénarios les plus optimistes de Greenpeace n’imaginaient pas ça!

En France, un projet éolien met 8 ans à voir le jour, contre trois en Allemagne. Car le système politique français est resté longtemps dans la confusion, avec un discours qui consistait à dire qu’on voulait installer des énergies renouvelables tout en entretenant une instabilité juridique, donc financière. Plus que des subventions, les professionnels demandent une visibilité sur le moyen et long terme pour pouvoir investir.

Il faut qu’il y ait aussi un débat local de qualité: ce ne sont pas seulement les industriels qui font du nucléaire qui se moquent des citoyens. Quand un débat public est bien organisé, tout le monde comprend l’intérêt du projet. Je propose que, pour chaque projet d’ENR, 25% des parts soient offertes aux populations locales. Quant aux nuisances, produire de l’énergie ne peut se faire sans pollution. Le photovoltaïque n’est pas 100% naturel! Mais a-t-on plus peur qu’une centrale explose ou qu’une éolienne tombe? Moi, j’ai fait mon choix.

 

Fermer les 58 réacteurs. Où en sont les négociations avec Benoit Hamon?

On discute sur le principe de réaffirmer la réduction de 50% de la part du nucléaire et de s’accorder sur le nombre de réacteurs à fermer. Cela signifie aussi d’en finir avec Bure et d’accompagner les salariés. Je défends EDF. Pas ‘l’EDF du nucléaire’, mais le service public de l’énergie. Je veux qu’EDF fasse sa mutation vers la décentralisation, vers les énergies renouvelables, et non pas comme outil opaque, centralisé, qui veut décider sans et souvent contre les citoyens.

 

La question démographique?

L’imaginaire derrière la question de la démographie est trop souvent celle du petit Burkinabè ou du jeune Indien qui, parce que la fécondité est forte dans ces pays, constituerait une menace pour la planète. Alors que chacun d’eux émet 0,3 tonne de carbone par an, contre 50 ou 100 fois plus pour un Américain ou un Européen. Il n’existe qu’un seul levier pour la révolution démographique: c’est l’éducation des femmes. Quand on leur offre la perspective d’exister économiquement, donc socialement, quand on reconnaît leurs droits, cela signifie que les enfants -et les petites-filles- vont aller à l’école. C’est là que repose la clé de la révolution démographique.

 

Son point de vue sur la FNSEA?

Ce sont des agriculteurs qui vont mal (un suicide par jour), qui sont malades des pesticides (même si l’omerta règne), et une alimentation qui est devenue suspecte.

Tout cela pour que, à l’initiative de la direction de la FNSEA et de l’agroalimentaire, on puisse exporter des poulets congelés dans le Golfe! Et pour ça, soit on écrase les salaires, soit on s’assied sur les normes environnementales.

Quant à moi, je souhaite des campagnes où les paysans soient heureux! Or l’agriculture paysanne convertie au bio, sur tous les territoires, va bien. Je propose que la moitié des 9 milliards de la politique agricole commune soient destinés à la conversion vers l’agriculture bio et que 100% de la restauration collective privée soit issue de cette agriculture paysanne ou bio.

 



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