Y aura t-il des OGM à Noël?

Le 24 décembre 2013 par Marine Jobert
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Gavage des oies "à l'ancienne"?
Gavage des oies "à l'ancienne"?
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«Chéri, je ne comprends pas: le repas a disparu. Le foie gras, la côte de bœuf, le gâteau, les vins, tout a disparu…». Dans l’(excellent) film «La Belle Verte»[1] de Coline Serreau, les enfants d’un député «de gauche» d’une région agricole ont jeté à la poubelle tout le repas. Ils s’expliquent (voir ici). «On a jeté le foie gras, parce que c’est le foie malade et toxique d’un animal qu’on a torturé. On a jeté la côte de bœuf, parce qu’ils sont piqués aux antibiotiques et aux hormones (…) On a jeté le gâteau parce qu’il ne contient que des sucres, des graisses et des microbes (…) On ne veut pas vivre comme des bêtes malades, on veut vivre longtemps et en bonne santé». S’en suit un échange assez musclé, assez cocasse. Une scène tournée en 1995, où il est déjà question des épidémies de cancer et de maladies cardivasculaires causées par les modes de vie et des pratiques agricoles intensives.

 

En 2013, les pratiques alimentaires ont à peine changé… mais les organismes génétiquement modifiés ont fait massivement leur apparition, à notre insu, sur nos tables. L’association Inf’OGM nous en donne un aperçu très intéressant dans un menu spécial «fête de Noël».

 

Parmi les amoureux des huîtres, il y a ceux qui se cantonnent à les déguster de septembre à décembre. Et ceux qui les aiment toute l’année. Ces derniers dégusteront forcément de l’huître dite de «quatre saisons», modifiée chromosomiquement en laboratoire en 1997 par l’Institut public français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), et commercialisée depuis 2000. Elle est productive toute l’année, car elle ne perd pas son énergie à se reproduire (elle est théoriquement stérile). Elle représenterait environ 30% des huîtres vendues en France, «sans étiquetage spécifique, ni évaluation sérieuse. Les Biocoop, notamment, refusent cette huître dans leur rayon», précise Inf’OGM.

 

Plutôt adeptes du foie gras? Même l’indication géographique protégée (IGP) «foie gras du Sud-Ouest» ne vous prémunira pas de manger un foie gavé pour l’essentiel avec des aliments OGM: seule la période de gavage (10 jours sur les 90 au total) impose l’utilisation de maïs produit dans le Sud-Ouest, donc non transgénique en période de moratoire... «Lequel a été annulé en août 2013», rappelle Inf’OGM. Certains producteurs les ont toutefois explicitement bannis de leur cahier des charges. Pas la peine de vous ruer dans un magasin bio: le foie gras ne peut pas bénéficier du label AB.

 

Viande blanche ou viande rouge? Tout est dans le cahier des charges ou dans le label, qui déterminent si les animaux ne peuvent en aucun cas être nourris avec des céréales GM. La vérification s’avère évidemment un peu laborieuse dans les allées du supermarché, voire chez son artisan-volailler/boucher. Vous n’aurez pas les mêmes soucis si vous optez pour un régime végétarien, car à moins de mastiquer du maïs ou du soja cultivés aux Etats-Unis en attendant le Père-Noël, les légumes, les céréales et les légumineuses communes n’ont (encore) pas fait l’objet de manipulations génétiques brevetées. «Seuls peuvent être étiquetés sans OGM les végétaux pour lesquels un «équivalent» GM existe, c’est-à-dire principalement du soja ou du maïs», précise Inf’OGM.

 

Il est temps de passer aux fromages… Une certitude: «tous les fromages issus de l’agriculture biologique proviennent d’animaux qui ont été nourris sans OGM». C’est aussi le cas pour un certain nombre d’AOC[2]. Reste que la plupart des enzymes (chymosines) commercialisées pour transformer le lait en fromage sont issues de bactéries GM, «ce qui ne rend pas les fromages génétiquement modifiés pour autant», précise Inf’OGM. «Mais c’est une réelle difficulté pour les filières bio et «sans OGM» et pour le consommateur farouchement opposé aux OGM même confinés».

 

Un dessert à base de miel? Sachez que le miel «fabriqué en France» a toutes les chances d’être exempt d’OGM, puisqu’il n’y en a pas de cultivé sur notre territoire. Mais les Français, qui consomment 40.000 t de miel par an, en importent 25.000 t, en provenance de Chine essentiellement. Or le pays cultive des OGM en abondance. Ne comptez pas sur l’étiquetage pour vous renseigner sur l’origine –et pire, les modes de production- du produit, puisque vous y lirez de laconiques «origine UE», «origine non UE» ou «origine UE/non UE»… «Les règles d’étiquetage des miels contenant des pollens GM sont en discussion, et la Commission européenne essaye de faire passer une réglementation qui rendrait l’information facultative. C’est ça, la vraie transparence!», déplore Inf’OGM.

 

Pour arroser tout cela, vous ouvrirez bien une petite bouteille? Ouf! Les OGM, sous forme de vignes ou de levure, n’ont pas encore fait leur entrée dans les pratiques viticoles européennes, assure l’association.

 

Bon appétit (tout de même) et à l’année prochaine, avec Le Journal de l’Environnement!

 

 



[1] Avec Patrick Timsit, Zabou Breitman et Vincent Lindon.

[2] Abondance, Beaufort, Bleu de Gex, Chevrotin, Comté, Epoisse, Gruyère, Laguiole, Mont d’Or, Morbier, Neufchâtel, Tomme des Bauges, Tomme de Savoie, Reblochon, Rocamadour, Roquefort, Salers, St Nectaire, Vacherin. De quoi avoir le choix!

 



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