Xynthia: tempête administrative autour de la consolidation des digues

Le 28 février 2013 par Marine Jobert
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Des digues vieillissantes, mal entretenues et dont la consolidation a pris beaucoup de retard, de l'aveu même du ministère de l'écologie.
Des digues vieillissantes, mal entretenues et dont la consolidation a pris beaucoup de retard, de l'aveu même du ministère de l'écologie.
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Trois ans après son passage dans la nuit du 27 au 28 février 2010 sur le littoral de la Charente-Maritime et de la Vendée, la tempête Xynthia n’en finit pas de faire des vagues. Entre les personnes dont la demeure a été submergée lors de cette nuit funeste et qui ne veulent toutefois pas la quitter, celles qui souhaitent ardemment être relogées dans une zone moins dangereuse ou encore celles qui s’estiment lésées par le prix consenti par l’Etat pour racheter leur maison, les préfets avaient déjà bien à faire. Mais demeure, plus épineuse encore, la mise en œuvre des programmes d’action de prévention des inondations.

 

«Des travaux de réparation d’urgence ont été mis en œuvre juste après la tempête», rappelle le ministère de l’écologie dans un communiqué. «Avec 190 chantiers réalisés pour un montant de travaux de 31,9 millions d'euros, dont 15,5 financés par l'Etat.» Après la phase d’urgence, détaille le ministère, «13 programmes d'action de prévention des inondations (Papi) et 3 renforcements de digues (label plan national Submersion marine -PSR) ont été élaborés en Charente-Maritime et en Vendée.»

 

Un PSR, doté de 500 M€ de budget, a été annoncé en février 2011; il concerne les submersions marines, les inondations par ruissellement ou crues soudaines et les ruptures de digues fluviales ou maritimes, soit en tout 6 millions de personnes et 400.000 entreprises, réparties sur le territoire de 19.000 communes [JDLE]. Le recensement des digues fluviales et des ouvrages maritimes était attendu pour la fin 2011. Mais le bât blesse aujourd’hui quant à la mise en œuvre des travaux reconnaît le ministère.

 

«Si les premiers confortements de digues ont été réalisés à Charron (Charente-Maritime), la complexité des procédures environnementales et techniques, qui sont actuellement en cours, est à l’origine des retards pris pour la réalisation des travaux des digues de la Pergola et des Grands Relais (Vendée), du Boutillon et de Port des Barques (Charente-Maritime).» Pour hâter les dossiers, la ministre de l’écologie a donc annoncé la désignation «d’une mission d'appui auprès des services de l’Etat qui veillera à la simplification et la réduction des délais».

 

De quoi, peut-être, calmer les inquiétudes de Bruno Retailleau, président du conseil général de la Vendée et sénateur. Selon lui, le plan Digue «est menacé par la submersion administrative», écrit-il dans un communiqué, et le PSR s’enlise dans la complexité administrative. «Pour faire des travaux sur une digue, même préexistante, il faut faire une multitude d’études coûteuses», citant la législation sur l’eau, les études d’incidences Natura 2000 ou encore les procédures de protection des sites. «Pour faire des travaux, il faut parfois passer devant une dizaine d’instances» dénonce t-il. «Aujourd’hui, tout se passe comme si l’Etat se défaussait sur l’échelon local pour assurer la protection des populations», indique Bruno Retailleau. Il demande la simplification des procédures, l'instauration d'un guichet unique avec l’Etat comme seul interlocuteur, et le rétablissement de la procédure d’urgence pour intervenir sur les ouvrages existants.

 



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