Xylella fastidiosa, menace «majeure» pour les oliviers européens

Le 14 janvier 2015 par Romain Loury
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Oliviers touchés par X. fastidiosa
Oliviers touchés par X. fastidiosa
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La bactérie Xylella fastidiosa, qui sévit actuellement dans les oliveraies des Pouilles (sud de l’Italie), pourrait entrainer des conséquences majeures sur l’agriculture européenne, prévient l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un avis publié le 6 janvier.

Surtout présente en Asie et en Amérique, notamment aux Etats-Unis où elle a entraîné des épidémies majeures dans les vignes californiennes depuis la fin du XIXe siècle, Xylella fastidiosa ne s’était jamais réellement implantée en Europe. Hormis quelques cas douteux, sa présence a pour la première fois été avérée en 2012 sur des caféiers originaires d’Equateur, cultivés en milieu confiné à Tours -ce qui a permis de l’éradiquer rapidement.

La situation semble cette fois-ci plus pressante: depuis octobre 2013, la bactérie a touché des centaines de milliers d’hectares d’oliveraies dans les Pouilles, ainsi que des lauriers-roses et des amandiers. Contaminant de nombreuses espèces végétales, ses conséquences sur les arbres sont imprévisibles, de l’absence de symptômes visibles jusqu’à la mort.

Les oliviers, mais pas seulement

Pour l’Efsa, «les conséquences sont considérées comme majeures, en raison des pertes de rendement élevées, qui nécessiteraient de coûteuses mesures de contrôle». Non seulement pour les oliviers, qui dépérissent dans les Pouilles, mais aussi pour les citronniers, la vigne, les amandiers, les pêchers, les pruniers et bien d’autres arbres, ajoute-t-elle.

La propagation de cette peste végétale est souvent très rapide. Pour cela, la bactérie n’a besoin que d’un insecte se nourrissant de la «sève brute», qui remonte des racines vers les feuilles. En Italie, seul le cercope des prés (Philaenus spumarius) a pour l’instant été identifié comme vecteur. D’autres pourraient le relayer, tels que les cicadelles, les aphrophoridés et les cercopidés, comme ils le font en Amérique.

Selon l’Efsa, «la propagation par l’homme sur de courtes ou de longues distances est très probable: cela pourrait survenir par des plantes infectées ou par le transport d’insectes contaminés. Les vecteurs pourraient aussi s’étendre localement en volant, ou être portés sur de plus longue distances par le vent».



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