Xylella fastidiosa, la menace plane

Le 25 mars 2015 par Romain Loury
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Pouilles: 10% des oliviers touchés
Pouilles: 10% des oliviers touchés
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L’Union européenne se prépare à l’arrivée de Xylella fastidiosa, qui ravage depuis fin 2013 les oliveraies de l’Italie du sud. Pourtant, certains émettent des doutes sur l’origine bactérienne de la maladie.

Surtout présente en Asie et en Amérique, notamment aux Etats-Unis où elle a entraîné des épidémies majeures dans les vignes californiennes depuis la fin du XIXe siècle, Xylella fastidiosa ne s’était jamais réellement implantée en Europe. C’est désormais chose faite, avec son arrivée fin 2013 dans les Pouilles.

Dans cette région italienne, on estime que 10% des 11 millions d’oliviers sont affectés par la maladie, qui survient suite à la piqûre d’un insecte vecteur se nourrissant de sève. Si plusieurs espèces peuvent transporter Xylella fastidiosa, seul le cercope des prés (Philaenus spumarius) a pour l’instant été identifié en Italie.

Outre les oliviers, Xylella fastidiosa peut infecter de nombreuses espèces d’arbres, dont plusieurs de grande valeur commerciale, tels que le citronnier, la vigne, l’amandier, le pêcher ou le prunier. De quoi miner l’agriculture européenne.

«Nous suivons de près l’évolution de la situation. Nous encourageons   également à une attitude plus vigilante afin d’empêcher l’extension de cette bactérie, et au final de pouvoir la contrôler», a déclaré lundi 23 mars le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, lors d’un discours au Parlement européen. Une critique à peine voilée envers les autorités italiennes, accusées de traîner les pieds quant à l’abattage des arbres touchés.

La Corse en première ligne

En France, la Corse est la première région à redouter la contagion. Début mars, sa préfecture indiquait que «les services de l'Etat ont renforcé les mesures de contrôle et de surveillance de cet organisme nuisible réglementé à lutte obligatoire». «Tous les symptômes, ou suspicions de symptômes, évoquant la présence de cette bactérie, observés sur les différentes espèces-cibles sont à signaler immédiatement», ajoute la préfecture, qui a mis en place un numéro vert.

Pourtant, beaucoup d'incertitudes demeurent. Notamment le fait que de nombreux arbres infectés par Xylella fastidiosa ne développent pas la maladie, ce qui complique la prévention. Pour Peacelink, une association écologiste des Pouilles, la raison en est simple: la bactérie n’est pas responsable de la maladie.

Dans un courrier adressé dimanche 22 mars à Vytenis Andriukaitis, elle évoque des travaux en cours de l’université de Foggia (Pouilles), selon lesquels un champignon aurait été retrouvé sur tous les arbres malades.

Selon l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (EPPO), plusieurs champignons auraient en effet été retrouvés sur les arbres malades, en particulier des genres Phaeoacremonium et Phaemoniella. Certains d’entre eux n’avaient jamais été identifiés sur des oliviers italiens.

Environ 500 arbres malades mais ayant reçu un traitement antifongique auraient récupéré, ajoute Peacelink. «Les tests réalisés par les autorités italiennes ont été hâtifs, partiels et non concluants», dénonce-t-elle.



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