Xylella fastidiosa: l’avenir incertain de l’olive européenne

Le 14 avril 2020 par Romain Loury
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Des oliviers attaqués par Xylella fastidiosa
Des oliviers attaqués par Xylella fastidiosa

La production européenne d’olives est fortement menacée par la bactérie Xylella fastidiosa, apparue en 2013 dans le sud de l’Italie. Selon une étude publiée lundi 13 avril dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), ce pathogène pourrait coûter plus de 5 milliards d’euros aux producteurs italiens, et fortement accroître le prix pour le consommateur.

Responsable depuis 2013 d’une hécatombe d’oliviers dans les Pouilles, la bactérie Xylella fastidiosa, transmise par des insectes se nourrissant de sève (cidadelles, cercopes), s’est depuis propagée à d’autres régions européennes, dont la Toscane (Italie), les Baléares (Espagne) et la région de Porto (Portugal). En France, elle a aussi été détectée en Corse et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, sur des plantes ornementales, dont des oliviers.

Pour la production d’olives, dont 95% se situe en Italie, Grèce et Espagne, il s’agit d’un risque agricole majeur, d’autant que la seule manière de lutter contre la bactérie, qui ne dispose d’aucun traitement, repose sur l’arrachage d’arbres infectés. Dans une étude publiée lundi 13 avril, Kevin Schneider, économiste à l’université de Wageningue (Pays-Bas), et ses collègues révèlent que la facture pourrait s’annoncer salée pour les producteurs.

Les chercheurs ont effectué une modélisation économique, faisant varier la vitesse de propagation de la bactérie –qui demeure encore peu connue. En cas d’extension rapide (12,35 km par an), 75,3% de l’aire de production italienne pourrait être touchée d’ici 50 ans, contre 38,5% en Grèce et 94,8% en Espagne.

Hausse de prix jusqu’à +26,3%

En Italie, où Xylella fastidiosa a un temps d’avance sur les deux autres pays, la bactérie pourrait coûter 5,17 milliards d’euros au cours des 50 prochaines années, sans plantation de nouveaux oliviers. Cette facture pourrait être abaissée à 590 millions d’euros si des oliviers résistants, qu’il reste à découvrir, étaient plantés. Pour le consommateur, le prix de l’olive pourrait s’envoler jusqu’à +26,3%, en cas de propagation rapide de Xylella fastidiosa, estiment les chercheurs.

Selon eux, il ne s’agit là que d’une petite partie du problème: les auteurs n’ont évalué que la variété pauca de la bactérie (il existe aussi les variétés fastidiosa et multiplex) et les oliviers, mais d’autres impacts pourraient survenir sur d’autres types de cultures, dont les cerisiers et les amandiers, également sensibles à Xylella fastidiosa.