WWF veut de l’or traçable et responsable

Le 11 avril 2011 par Célia Fontaine
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Dans un rapport publié le 8 avril, WWF-France souhaite amener les acteurs de la filière française de l’or à prendre conscience des conséquences sur l’environnement qu’implique l’extraction de ce métal précieux.
 
En 2010, tiré par une demande toujours croissante, le cours de l’or enregistre sa dixième année consécutive de hausse (valeur de plus de 1 460 dollars l’once en 2010). En une décennie, son cours a augmenté de plus de 300%. «Derrière les facteurs conjoncturels liés à la crise financière internationale se cachent les causes structurelles de la flambée du prix du métal jaune, à savoir l’émergence de l’Asie, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient dans l’économie mondiale», explique WWF.
 
Alors que la demande en bijoux augmente et entraîne une hausse des prix, 82% des professionnels de la filière (affineurs, fabricants et distributeurs) reconnaissent ne pas connaître la provenance de l’or qui passe entre leurs mains[1].
 
L’ONG rappelle les conséquences de cette «fièvre de l’or»: pollution des fleuves du plateau des Guyanes, déplacement de villages entiers aux Philippines, empoisonnement de l’eau potable touchant plus de 2 millions de personnes en Roumanie, destruction d’écosystèmes forestiers uniques en Amazonie, soutien financier aux milices armées de Colombie et du Congo, exploitation de milliers d’enfants au Burkina Faso, Niger et Ghana, ensevelissements de travailleurs au Chili, destruction de sites amérindiens sacrés aux Etats-Unis (Montana), foyers de transmission du sida en Haute Guinée, etc.
 
C’est pourquoi l’étude de WWF-France propose aux professionnels des pistes pour garantir à leurs clients une meilleure traçabilité et des produits issus de pratiques plus responsables.
 
Certains d’entre eux proposent déjà des gammes de bijoux faits d’or «équitable» à l’origine garantie, d’autres privilégient l’utilisation d’or recyclé. Mais «un changement collectif à échelle bien supérieure semble aujourd’hui indispensable», estime l’ONG. Cette nouvelle démarche comprend différentes étapes.
 
Tous les acteurs de la filière doivent, d’abord, s’informer des impacts de l’exploitation aurifère et le lien direct avec leurs activités quotidiennes. Il s’agit ensuite pour eux de s’engager formellement et publiquement, notamment en signant les «Règles d’or» de la campagne internationale No Dirty Gold. Celle-ci impose des critères minimaux, qui définissent les contours d’une exploitation aurifère plus responsable. Il s’agit, par exemple, de permettre aux consommateurs de suivre le mouvement de l’or à toutes les étapes de production, transformation et distribution.
 
Ces mêmes acteurs doivent ensuite informer leurs fournisseurs de leur engagement et préciser qu’ils souhaitent à terme que tout l’or qui leur sera proposé soit traçable «de la mine à la vitrine». Pour cela, les fournisseurs devront préciser la provenance de l’or qu’ils vendent, et son mode de production. Ils devront aussi garantir que cette production respecte les Règles d’or. Ce faisant, WWF-France demande aux acteurs proactifs d’intégrer dans leurs pratiques les exigences de traçabilité et responsabilité.


[1]Enquête réalisée en collaboration avec l’Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles (Bjop), la Fédération nationale des horlogers, bijoutiers, joailliers et orfèvres (HBJO) et le Syndicat Saint Eloi


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