WWF aligné pour du greenwashing en Afrique centrale

Le 10 mai 2017 par Marine Jobert
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Les Baka, peuple du sud-ouest du Cameroun.
Les Baka, peuple du sud-ouest du Cameroun.
Survival International

Partenaire de 7 multinationales qui pillent les forêts d’Afrique centrale sans égard pour les peuples autochtones, le WWF a reçu de la part de l’ONG Survival International un prix ‘récompensant’ cette coopération lucrative.

Il y a le côté pile de l’association de protection de la nature, qui publie des rapports inquiétants sur l’état de l’environnement dans le monde, dénonce des trafics de thon rouge, s’alarme de l’état des cours d’eau dans les Alpes ou, récemment, des activités néfastes à l’environnement qui se multiplient sur les sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Et puis il y a le côté face de la fondation qui sait nouer des partenariats lucratifs avec toutes sortes d’entreprises. Dont certaines qui nuisent gravement à la faune, la flore et aux humains. C’est notamment le cas des activités d’exploitation forestière menées par 7 multinationales[1] opérant sur 4 millions d’hectares en Afrique centrale, auxquelles le WWF a apporté son expertise et sa caution.

Un partenariat sans effet?

C’est pour dénoncer ces partenariats, qui portent gravement préjudice aux peuples autochtones présents dans les forêts convoitées, que l’ONG Survival International vient de décerner au WWF International son prix annuel du Greenwashing. Pour l’obtenir, il suffit d’avoir «habillé la destruction de peuples tribaux des forêts en action de conservation». Car les partenaires du WWF, en plus d’avoir tous été convaincus de déforestation illégale, n’ont jamais obtenu le consentement des peuples Baka et Bakaya présents dans ces forêts. «Une étude récente montre que les approches comme celles du WWF ont échoué à ralentir l’effondrement de la forêt tropicale dans le bassin du Congo», dénonce l’ONG britannique.

Pressions en interne

«A travers l’Afrique et l’Asie, les grosses organisations de conservation nouent des partenariats avec l’industrie et le tourisme et détruisent les meilleurs alliés de l’environnement, dénonce Stephen Corry, le directeur de Survival International. C’est une duperie et cela porte tort à la conservation. Peut-être que ce ‘prix’ encouragera des gens au sein du WWF (…) à mettre la pression sur leurs organisations pour qu’elles se réforment. Il est temps d’écouter les associations de défense des tribus.»

Plainte devant l’OCDE

Survival International nourrit un grave contentieux à l’égard du WWF International, puisqu’elle est allée jusqu’à porter plainte contre la fondation devant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En cause –déjà- le sort fait au peuple Baka, ces chasseurs-cueilleurs du sud-est du Cameroun installés depuis des générations dans des forêts tropicales dont ils ont été peu à peu évincés. Privation d’accès à la nourriture et aux ressources ancestrales, violences physiques, tortures… La longue liste des exactions a été jugée suffisante et crédible en janvier 2017 par l’OCDE, qui a accueilli la plainte. Pour la première fois, une ONG devra répondre de violation des droits de l’homme, au même titre qu’une multinationale.



[1] Bolloré Group, Danzer Group, Decolvenaere Group, Pasquet Group, Rougier Group, SEFAC Group and Vicwood Group.

 



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