Winnipeg opte pour un système mixte de tarification du carbone

Le 31 juillet 2018
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Rochelle Squires, ministre du développement durable du Manitoba.
Rochelle Squires, ministre du développement durable du Manitoba.
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La province canadienne du Manitoba fixera des plafonds d’émission à ses entreprises les plus émettrices de CO2. Tout dépassement sera facturé 25 dollars la tonne.

 

C’était un engagement de campagne que Justin Trudeau a bien du mal à tenir. Dans son programme, le Premier ministre du Canada avait promis de faire baisser d’un tiers les émissions canadiennes de gaz à effet de serre entre 2005 et 2030. Un objectif désormais inscrit dans la NDC[1] du pays à la feuille d’érable rouge.

menace fédérale

Pour faire baisser les émissions de 200 millions de tonnes par an, le chef du gouvernement fédéral a donné deux options aux 6 provinces et aux trois territoires du Canada: adopter un marché de quotas d’émission ou imposer une taxe sur les émissions de carbone. En cas de refus, avait-il indiqué en octobre 2016, le ‘fédéral’ imposera une taxe carbone, de 10 dollars canadiens (6,6 €) la tonne de CO2 en 2018 pour atteindre 50 $CA (32,8 €) en 2022.

Rebelle Ontario

C’est peu dire que les tractations sont tendues. Il y a quelques semaines, le nouveau Premier ministre de l’Ontario a retiré sa province de la Western Climate Initiative (WCI), le marché de quotas auquel participent le Québec et la Californie. En réaction, la ministre fédérale du climat, Catherine McKenna, a confirmé qu’en cas de retrait de la WCI, l’Ontario s’exposait à une taxe carbone fédérale.

6 nominés

Le Manitoba n’entend pas prendre Ottawa de front. Ce lundi 30 juillet, sa ministre du développement durable, Rochelle Squires, a présenté son projet de taxe carbone. Sont concernées les entreprises émettant plus de 50.000 t CO2/an. Il y a 6 nominés: Koch Fertilizer, TransCanada Pipelines, Graymont, Canadian Kraft Papers, Husky Oil et Vale[2]. Chaque année, ces compagnies se verront signifier un plafond d’émission (en baisse de 2% par an). A charge pour elles de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre ou de racheter, à 25 $CA pièce, des crédits d’émission aux entreprises vertueuses.

Ce système, qui doit être mis en place dès janvier prochain, ressemble à celui choisi par la Saskatchewan et l'Alberta, deux autres régions pétrolières. Son principal inconvénient est de ne concerner qu’un nombre très réduit d’émetteurs.



[1] NDC: contributions déterminées au niveau national 

[2] Dès 2020, une douzaine de sites, soumis à la concurrence internationale et émettant plus de 10.000 t CO2/an, pourront adopter ce système.

 



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