William Schraen, élu président des chasseurs français

Le 30 août 2016 par Marine Jobert
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William Schraen, dans son nouveau fauteuil de président de la FNC.
William Schraen, dans son nouveau fauteuil de président de la FNC.
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Il parle franc, il parle fort et il est fier d’être chasseur. Le nouveau président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) entend redorer le blason d’une activité décriée, sans trop s’embarrasser des faits.

William Schraen est un ‘drogué’, un «accro à la défense de la chasse et de la ruralité en général», sous le joug d’une «véritable dépendance». C’est lui qui l’avoue, dans une adresse destinée aux adhérents de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, dont il était le président jusqu’à la fin de l’été. L’homme joue désormais dans une autre cour: il a été élu le 24 août à la tête de la FNC, jusqu’ici présidée par Bernard Baudin. Un profil moins policé, une geste tonitruante et un credo qu’il compte bien seriner aux candidats à la présidentielle: les chasseurs sont une espèce incontournable du biotope français.

Grande gueule

Rien de très original, sauf qu’il compte bien le faire sur le mode «grande gueule», selon l’expression de Pierre Athanaze. L’actuel président d’Action Nature Rewilding France l’a croisé dans les Hauts-de-France lors des «Ch’tis fox days» à la sauce 62, soit des opérations de ratissage consistant à détruire le plus grand nombre de renards, ces animaux considérés comme nuisibles. «C’est quelqu’un qui est capable de grosses colères, mais qui sait aussi nouer des alliances», note l’ex-président de l’Association pour la protection de la faune sauvage (Aspas). Une qualité essentielle pour ce commerçant, qui a créé sa première entreprise de négoce de fleurs à l’échelle européenne à 22 ans, détaille sa biographie. Un pied dans sa chaîne de magasins, un autre dans l’immobilier et le fusil entre les mains, le voilà donc prêt à «gagner pour [les chasseurs], gagner pour nos traditions, gagner pour sauvegarder notre ADN!».

Aménageurs du territoire

Car le chasseur français est en danger, en dépit des inestimables services qu’il rend à la nature. Dans une interview accordée à La Voix du Nord, il explique: «On fait des actions extraordinaires sur les milieux. La chasse a préservé je ne sais combien de zones humides en France et dans le monde. Combien de territoires ont été protégés de la déforestation? Tout ça par passion pour la chasse. On a œuvré comme aucune corporation sur l’aménagement du territoire. Il y a un moment où il ne faut plus avoir honte.»

Genevois soulagés

Selon lui, dans le canton de Genève qui a aboli la chasse depuis 1974, «90% des espèces faunistiques ou floristiques ont disparu». De pures fariboles cependant, puisque, des oiseaux d’eau au grand gibier en passant par les petits prédateurs, ceux qui font l’ordinaire des zones péri-urbaines se portent au mieux. Les populations de renards fluctuent d’année en année, comme dans les cantons qui ont maintenu la chasse, et les populations de sanglier sont régulées par des agents de l’Etat. «Les bénéfices au niveau de la population genevoise sont importants, notamment en termes de tranquillité et de sécurité. (…) Le public n’a plus à craindre les risques d’accident de chasse. Enfin, le surcoût de la gestion de la faune lié à la suppression de la chasse est modeste, peut-être même non avéré», estime le canton dans un état des lieux de la nature genevoise publié en 2010.

Le Collectif du 21 septembre, pour sortir de la chasse et du piégeage, organise une manifestation nationale le 1er octobre prochain à Paris. Des manifestations sont également prévues le 24 septembre à Metz, Blois, Caen, Orléans, Nantes, Nice, Angers, Valence, Besançon, Bordeaux, Lons le Saunier et Limoges.

Franc-tireur

Fervent soutien à Xavier Bertrand (LR), William Schraen partage la répulsion du nouveau président de région pour les associations de protection de l’environnement. «Il est anti-tout ce qui peut gêner la chasse», estime un observateur local. Quitte à adopter des postures étonnantes. En janvier 2013, c’est lui qui réclame au préfet… une fermeture anticipée de la chasse pour certains gibiers, jugés trop menus «pour pouvoir pratiquer une chasse raisonnable et raisonnée». Car, explique-t-il, «les chasseurs, premières sentinelles de la biodiversité, n'attendent pas l'application de protocoles mathématiques pour savoir quand la chasse doit être suspendue».

Défiscaliser le permis

Elu local dans son village de Bayenghem-lès-Eperlecques (Pas-de-Calais), il compte bien aller titiller tous les candidats à la présidentielle «sur leur vision de la chasse de demain, au niveau national et au niveau européen». Une de ses premières croisades à l’agenda sera fiscale: il veut obtenir la défiscalisation du permis de chasse.

 



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