Westinghouse au bord de la faillite nucléaire

Le 30 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La 4e tranche de la centrale nucléaire de  Vogtle est loin d'être achevée.
La 4e tranche de la centrale nucléaire de Vogtle est loin d'être achevée.
Westinghouse

Incapable d’achever dans les temps, plusieurs exemplaires de son nouveau réacteur l’industriel va se réorganiser. Ce qui pourrait influer sur la politique énergétique… britannique.

 

Après Areva, au tour de Westinghouse de goûter aux joies de la faillite. Le constructeur américain de centrales nucléaires a annoncé, mercredi 29 mars, vouloir être placé sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites. Ce qui équivaut à un dépôt de bilan.

Filiale de Toshiba

La filiale du groupe japonais Toshiba est, comme son concurrent français, victime des surcoûts occasionnés par la construction de son nouveau modèle de réacteur nucléaire, l’AP 1000. De conception radicalement différente de ses précédents modèles (dont certains constituent le parc français de 900 MW), ce concurrent direct de l’EPR franco-allemand s’avère aussi difficile à construire que le dernier-né tricolore.

6 milliards de pertes

Résultat: Westinghouse pourrait afficher une perte supérieure à 6 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros) pour les chantiers en cours de quatre AP1000 aux Etats-Unis, l’un à Summer (Caroline du Sud) et l’autre à Vogtle (Géorgie). Lancée en 2013, la réalisation des 4 tranches est achevée à 40% environ.

Autres activités rentables

La suite des opérations s’avère complexe. L’industriel va devoir négocier avec ses créanciers et avec les deux électriciens américains qui lui passé commande de l’AP1000: Southern Nuclear Operating Company et South Carolina Electric & Gas.  Il lui faudra aussi isoler les pertes occasionnées par ces 4 chantiers de ses autres activités (pièces détachées pour le parc en service, fourniture et traitement de combustible, démantèlement) qui restent rentables.

Nugen for ever?

Si elles se confirment, les pertes de Westinghouse risquent d’influer sur la stratégie de sa maison-mère. Toshiba a déjà annoncé qu’elle ne construirait plus de réacteurs à l’extérieur du Japon. D’autres annonces pourraient suivre.

Et pourraient indirectement concerner des entreprises françaises. Co-actionnaire avec Toshiba, de  la société NuGen, Engie prévoit toujours d’ériger trois AP1000, à Moorside, à proximité de Sellafield (nord-ouest de l’Angleterre). Un retrait de Toshiba pourrait définitivement mettre à mal ce projet évalué à plus de 17 milliards d’euros. Et accroître un peu plus la dépendance électrique du Royaume-Uni à l’égard de l’Union européenne. Un comble.

 



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