Wauquiez confie l’environnement aux chasseurs

Le 15 septembre 2016 par Marine Jobert
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Un chasseur.
Un chasseur.
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Ils en rêvaient, Wauquiez l’a fait: les chasseurs sont désormais les partenaires privilégiés de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour la préservation, au sens large, de la biodiversité. C’est la consternation chez les associations environnementales, dont les subventions sont sabrées par l’exécutif régional.

Ambitieux ou scandaleux? La région Auvergne-Rhône-Alpes est en passe de nouer un partenariat sans équivalent avec le monde cynégétique local. Lors de l’assemblée plénière du 22 septembre prochain, son président Laurent Wauquiez soumettra aux votes une subvention de 2.955.210 euros dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) sur trois ans (2016-2018), renouvelable. Objectif: financer l’action des chasseurs en matière de «préservation de la biodiversité, y compris ce qu'on appelle la ‘nature ordinaire’», de suivi de certaines populations animales (bécasse, tétras lyre, lièvre variable...), la préservation et la restauration des trames vertes et bleues (prévention des collisions, conservation et création d’un réseau haies,...) et la gestion des habitats naturels (espaces naturels remarquables...). Des actions en lien avec le partage de l’espace avec les autres usagers et la sécurité sont également prévues dans cette convention. Et la région de citer comme exemple des investissements pour le déploiement de postes de tir surélevés, «très utiles pour améliorer la sécurité de tous» (sic). Une enveloppe de 500 k€ «maximum» est réservée «pour la mise en conformité d’équipements cynégétiques tels que (…) des installations de découpe et traitement de la venaison».

L’environnement, dans l’esprit d’une fédération de chasse, inclut forcément la présence de l’homme: «Raisonner ‘écosystème’ sans inclure l'influence des activités humaines dans la réflexion peut conduire à une appréhension biaisée ou parcellaire de la complexité des systèmes. L’originalité de l'approche proposée est d'amener le public-cible à appréhender la conservation de la nature dans une démarche pragmatique.»

Pédagogues de l’environnement

Last but not least, les chasseurs rafleraient une bonne part de l’éducation à l’environnement et à la biodiversité, avec des besoins estimés à 240.000 €/an (dont 80% financés par la région). Un montant à mettre en regard des 276.000 € versés au Graine[1] Rhône-Alpes, dans le cadre d’une autre convention pluriannuelle d’objectifs (2015-2017). La subvention pour 2016 n’a toujours pas été versée par la région, qui fait la sourde oreille et laisse planer le spectre de la suppression pure et simple de tout soutien financier. Idem pour la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), très axée sur la sensibilisation à l’environnement, dont les subventions ont été divisées par deux par la région en juin dernier.

 

Le loup et le lynx intéressent beaucoup les chasseurs, car la progression de leurs effectifs «va continuer de générer des conflits avec le monde agricole et cynégétique». Au panier, le travail de suivi mené par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS): les chasseurs s’engagent, eux, à apporter «des éléments précis sur l’état des populations de prédateurs». Pas question d’aller crapahuter à la recherche de traces en hiver ou d’hurler dans des cônes pour faire réagir les meutes. Les chasseurs vont consacrer quelque 91.000 € à du matériel photographique. Leur mission: «Anticipation des problèmes de cohabitation entre prédateurs et activités humaines pour mise en place d'actions de prévention/régulation.»

 



[1] Un réseau pour l’éducation à l’environnement vers un développement durable.

 



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