Wattway: après la route, l’aviation?

Le 14 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Essais de glissance sur la route solaire de Tourouvre.
Essais de glissance sur la route solaire de Tourouvre.
VLDT

Le concept de route solaire intéresse aussi des exploitants d’aéroports.

On ne présente plus Wattway. Fruit d’un partenariat entre l’institut national de l’énergie solaire (Ines) et le leader mondial de la route, Colas, ce système associe les techniques de construction routière à la production photovoltaïque. Le 21 décembre dernier, la ministre chargée de l’énergie a ainsi inauguré le plus important tronçon de route solaire expérimentale du monde : 1 km.

Nichée à la sortie de la petite cité percheronne de Tourouvre (61), cette route photovoltaïque a déjà produit de quoi alimenter des voitures pour réaliser un millier de trajets entre Paris et Alençon (195 km) rappelle, en lisière, un grand panneau électronique.

Cher et peu efficace

Chère (5 M€) et encore peu efficace (le rendement des cellules reste inférieur à 15 %), cette voie prototype a suscité autant d’intérêt médiatique que d’espoir. Certes, couvrir le réseau routier français permettrait d’injecter quelques TWh/an, mais à un coût rédhibitoire. Ségolène Royal prévoit pourtant la construction de 1.000 km de chaussées photovoltaïque : un investissement de 5 milliards d’euros, qui n'est pas financé.

pose manuelle

Le prix de Wattway reste pour l’heure très élevé pour faire de la production d’électricité de masse: 6€/watt-crête, indique Colas sur son site Internet. Mais si l’on considère la surface déployée à Tourouvre (2.600 m2), la puissance des cellules (110 W/m2) et le coût de la pose à la main (1.962 €/m2), le coût réel est plus proche de 17 €/watt-crête: 15 fois celui des panneaux installés sur les grandes toitures ou sur des ombrières de parking.

En attendant une amélioration des rendements (attendue sous peu) et une mécanisation de la pose des dalles solaires, Colas cherche d’autres marchés que le revêtement routier. Et il se pourrait bien que le salut vienne du ciel.

Essai d'adhérence

Ce mardi 14 mars, un drôle de 4x4 a sillonné sans cesse la chaussée de Tourouvre. Envoyé par la direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’engin tractait un système d’évaluation de «glissance» du revêtement solaire. La DGAC veut, en effet, savoir si des aéronefs de plusieurs centaines de tonnes peuvent se déplacer sans risque sur ce nouveau type de voie. «Les taxiways des aéroports représentent des surfaces considérables, il serait imaginable de les équiper d’un revêtement routier solaire pour alimenter les aérogares qui sont très consommatrices», note Johnny Clatot, ingénieur-chercheur matériaux chez Wattway.

des taxiways solaires

Le concept intéresse déjà l’aéroport international de Genève. Reste à démontrer aux compagnies aériennes et aux exploitants des plates-formes aéroportuaires que les Airbus, Boeing et autres engins de manutention peuvent circuler sans encombre sur une piste solaire. Autre idée étudiée par Colas: la route intelligente. «Les infrastructures de demain seront bardées de capteurs, qui pourront notamment interagir avec les véhicules autonomes, estime Johnny Clatot. Il faudra bien alimenter ces systèmes électroniques, sans tirer des milliers de kilomètres de câble.»



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus