Washington installe la marée noire dans la durée

Le 31 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un nouvel espoir est tombé à l’eau. Samedi, British Petroleum (BP) a annoncé l’arrêt de son opération « Top kill ». Il s’agissait de boucher le puits accidenté avec la boue de forage. Durant deux jours, les sauveteurs ont injecté, par 1500 m de profondeur, près de 5.000 tonnes de boues. Sans succès. « Nous n’avons pas été capables d’arrêter le flot de pétrole », a reconnu, Doug Suttles, le patron des opérations de BP.

Cet échec oblige le pétrogazier à revoir sa stratégie. Contrairement à ce qui était prévu, les sauveteurs ne vont donc pas tenter d’obstruer le puits avec des matériaux solides (déchets de pneus, balles de golf) ; une opération, elle aussi très risquée, et baptisée du doux nom de « junk kill ».

Au contraire, BP a annoncé vouloir tenter, dès mardi, de poser une chambre de confinement sur le puits. Un robot sous-marin couperait le flexible installé pour pomper une petite partie de l’huile. Parallèlement, une imposante cloche de confinement en acier, conçue différemment de la précédente (pour éviter la formation d’hydrates de gaz), serait descendue sur le puits. S’il réussit, ce système permettrait de confiner le pétrole sous la cloche, ce qui faciliterait son pompage par un navire spécialisé. Un premier « coiffage » de ce type avait déjà été tenté, sans succès, le 8 mai dernier.

En attendant les résultats de cette nouvelle opération à risque, les responsables de la lutte contre la marée noire préparent l’opinion publique américaine au pire. Interrogée, dimanche sur NBC, la conseillère du président Obama pour les questions d’environnement, n’a pas caché son scepticisme. « C’est sans aucun doute la pire marée noire de l’histoire du pays », a expliqué Carol Browner. De son côté, Tony Hayward, le PDG du groupe britannique, a rappelé que la solution ultime reposait sur la mise en service de deux puits, en cours de forage. Hélas, cette solution ne sera pas opérationnelle avant le mois d’août. D’ici là, si aucune alternative n’est trouvée, ce seront entre 2 et 3 millions de litres d’huile qui s’écouleront, chaque jour, du puits MC252.



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