Washington esquisse un futur (presque) durable

Le 20 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comme chaque année à pareille époque, l’Energy Information Administration (EIA) publie ses perspectives énergétiques. Dans l’ édition parue en fin de semaine passée, le service de statistiques du ministère américain de l’énergie montre un futur énergétique un peu moins carbonique qu’on aurait pu le craindre.

 

Pour 2025, l’EIA estime que les émissions de CO 2 américaines atteindront 5,93 milliards de tonnes. Le chiffre peut paraître considérable (et il l’est), mais il reste inférieur à celui de… 2007. De 2005 à 2035, les rejets carbonés devraient ainsi progresser de 0,2 % par an. Pratiquement dans le même temps (2009-2035), la population progressera, elle, au rythme annuel de 0,9 % et le PNB de 2,7 %.

 

Les courbes de la production d’énergie et des émissions de gaz carbonique sont donc totalement découplées. En 2035, espèrent les prévisionnistes, les Américains rejetteront 42 % de carbone en moins par point de PNB qu’en 2009.

 

La nouvelle peut surprendre, alors que le Congrès est incapable de voter la proposition de loi Energie-Climat, soutenue par les députés démocrates Henry Waxman et Edward Markey. Dans les limbes, ce texte prévoit notamment de réduire les émissions énergétiques de CO 2 de 17 % entre 2005 et 2020.

 

Cela étant, d’autres évolutions ont bouleversé le système énergétique d’outre-Atlantique. A commencer par l’irruption des gaz non conventionnels (GNC). Pratiquement inconnus il y a trois ans, ces gaz de schistes, de charbon représentent désormais la moitié de la production locale de gaz. Et les réserves progressent chaque année. Celles qui sont récupérables sont désormais estimées à 827.000 milliards de pieds cubes, soit 480.000 milliards de plus que… l’année passée.

 

L’importance de la ressource va profondément influer sur le futur du secteur de l’électricité. La plupart des centrales électriques qui seront construites dans les deux prochaines décennies consommeront les énergies les plus abondantes et les moins chères : gaz et charbon. Ce dernier produira 43 % des électrons américains en 2035, contre 45 % en 2009. La part du gaz dans le mix énergétique passera de 23 % en 2009, à 25 % en 2035. Ce qui représente une capacité de production, en 2035, de 17 % supérieure à celle prévue l’an passé.

 

Fortement soutenues par les Etats fédérés, les énergies renouvelables continueront leur progression. Elles produiront 14 % du courant en 2035, soit 4 % de mieux qu’en 2009. Trop cher pour les électriciens privés, le nucléaire sera à la peine. L ’EIA ne prévoit la mise en service que de 5 nouvelles tranches au cours du prochain quart de siècle. C’est 20 de moins qu’annoncé, encore ces derniers mois, par les électriciens et les constructeurs de réacteurs.

 

Côté carburant, la demande progressera moins vite qu’imaginé l’an passé. Sous l’effet des nouvelles normes de consommation qui s’appliquent désormais aux véhicules légers (Cafe), les transports routiers devraient engloutir, en 2035, 31,8 quadrillons de BTU [1] contre 32,5 estimés en 2009. De plus, essence et gazole comprendront des fractions toujours plus importantes d’agro et de biocombustibles. Ce qui diminuera (en principe) leur empreinte carbone.



[1] BTU pour British Thermal Unit : quantité de chaleur pour accroître la température d’un degré Fahrenheit par unité d’une livre (pound) d’eau, soit 0,4535 kg



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