Washington augmente le coût sociétal du CO2

Le 07 juin 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le four à micro-ondes : une nouvelle arme anti CO2.
Le four à micro-ondes : une nouvelle arme anti CO2.
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Ironie de l’histoire.

Depuis le refus du Parlement européen de geler momentanément l’allocation de 900 millions de quotas, le coût du CO2 est au plus bas dans le Vieux monde: entre 3 et 4 euros la tonne. Outre-Atlantique, en revanche, ce prix vient de connaître une inflation de plus de 70%. En atteignant le prix record de 36 dollars (27,4 €). Pas moins.

Mais il est vrai qu’on ne parle pas tout à fait du même prix. Sans tambour ni trompette, l’agence fédérale pour la protection de l’environnement (EPA) vient d’accroître significativement le coût «sociétal» de l’émission d’une tonne de gaz carbonique.

En 2010, après des mois d’examen de tous les modèles climatiques disponibles, les représentants de 12 agences fédérales avaient estimé qu’émettre une tonne de dioxyde de carbone provoquerait pour 21 $ de dégâts environnementaux et sanitaires, durant 40 ans. Dit autrement, le gain de l’économie d’émission d’un million de tonnes de gaz carbonique (en faisant passer au gaz une centrale au charbon, par exemple) pouvait être chiffré à 21 M$.

Désormais, c’est beaucoup mieux. Selon une récente notice diffusée par le secrétariat à l’énergie (DOE) et expliquant les nouvelles normes énergétiques des fours à micro-ondes, le coût sociétal du CO2 est passé de 21 à 36 $.

A l’origine de cette inflation, une nouvelle estimation du montant des dégâts qui devraient être notamment causés par la hausse du niveau des océans et la perte de terres agricoles, fruits d’une élévation de plus de 3°C des températures moyennes aux Etats-Unis. Et ce coût ne devrait pas cesser de grimper.

Selon une note transmise en mai au président Obama, le taux d’actualisation de ce coût social est fixé à 3% par an. Il atteindra donc 43 $ en 2020.

Ce coût sociétal du carbone aidera-t-il les Etats-Unis à réduire leurs émissions de GES? Directement, non. Il n’est, pour le moment, qu’un outil de simulation économique et éventuellement de sensibilisation du public: «Si vous achetez des grille-pain dernier cri, vous épargnerez 4,6 milliards de dépenses à la société», rappelle d’ailleurs la notice du DOE.

Dans un second temps, il pourrait néanmoins servir d’argument massue à l’administration démocrate pour contraindre légalement les gros émetteurs de GES à maîtriser, voire réduire, leurs rejets.



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