Washington accroît sa pression sur les centrales au charbon

Le 10 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les centrales au charbon US émettent plus de 2 milliards de tonnes de CO2 par an.
Les centrales au charbon US émettent plus de 2 milliards de tonnes de CO2 par an.

En durcissant les normes de gestion de déchets, d’eau et d’émission, l’EPA pourrait faire chuter les émissions de CO2 du secteur électrique américain.

 

Ce n’est pas un scoop ! Près de la moitié de l’électricité américaine est produite par des centrales au charbon. Mais la houille ne cesse de perdre du terrain. Et cela n’est pas fini. L’an passé, les 1.448 centrales au charbon américaines ont produit 44 % des électrons US, contre 51 % 10 ans auparavant. Ces dernières années, le King coal s’est fait tailler des croupières par les énergies renouvelables (un peu) et par les centrales au gaz, bien moins chères à construire. Au royaume du libéralisme, les sources d’énergie les moins chères ou les plus subventionnées ont donc fait reculé charbon, anthracite et lignite.

 

Après son entrée à la Maison blanche, Barack Obama entendait réduire encore la part du charbon dans le mix électrique américain. Cette fois pour des questions environnementales et climatiques. En 2008, les émissions directement imputables à la combustion du charbon ont atteint 2,1 milliards de tonnes de CO2, soit 37 % du total américain. L’administration démocrate a longuement tenté de faire voter une proposition de loi sur l’énergie et le climat (dite Waxman-Markey) qui aurait imposé des réductions d’émission aux compagnies électriques. En participant à un marché de quotas d’émission, les électriciens auraient dû réduire leurs rejets carbonés de 17 % entre 2005 et 2020. Las, le Congrès n’a jamais pu voter le texte, forçant Washington à changer de stratégie.

 

Depuis des mois, l’agence de protection de l’environnement (EPA, selon l’acronyme américain) bataille pour imposer aux Etats fédérés une régulation des émissions industrielles de CO2. L’idée étant de considérer le gaz carbonique comme un polluant atmosphérique, tombant dès lors sous le coup du Clean Air Act. Ce que contestent la plupart des parlementaires républicains et de nombreux Etats « charbonniers », à l’instar du Texas.

 

Mais l’EPA a plusieurs cordes à son arc. Et notamment celles de durcir les normes de gestion des cendres, d’utilisation d’eau (pour le refroidissement), mais surtout d’émission pour les grandes installations de combustion. Washington entend notamment abattre, d’ici 2015, les teneurs de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote, de particules et de mercure. Or les effluents gazeux des centrales au charbon, notamment les plus anciennes, sont riches de ces polluants.

 

Si la réglementation fédérale est finalement durcie, les exploitants des centrales au charbon auront le choix entre mettre aux normes leurs installations (ce qui supposera d’importants investissements en filtres, ou équipement de dénitrification) ou les fermer. Pour les plus petites, les plus anciennes ou celles dont l’emprise foncière est limitée (les équipements de dénitrification ou de captage de CO2 prennent une place folle), la voie de la fermeture est toute tracée. Selon une étude publiée jeudi 9 décembre par Brattle Group, de 40.000 à 50.000 mégawatts de capacités installées pourraient ainsi produire leurs derniers kilowattheures. L’estimation n’est pas absurde. D’autres consultants et banquiers présentent des fourchettes allant de 25.000 à 75.000 MW de centrales qui devraient fermer, faute de pouvoir s’adapter.

 

A supposer que ces installations soient remplacées par des centrales au gaz (ce qui est probable vu le faible prix du gaz aux Etats-Unis), Brattle Group estime néanmoins qu’entre 2010 et 2020, le secteur américain pourrait réduire de 10 % son empreinte carbone. Pas si mal ! 

 



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