Wanted: le Museum traque un ver prédateur de lombrics

Le 02 mai 2013 par Marine Jobert
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Ce ver de 4 centimètres de long est un redoutable prédateur.
Ce ver de 4 centimètres de long est un redoutable prédateur.
©Pierre Gros

Nom de code: plathelminthe terrestre invasif. Dernières résidences connues en France: Alpes-Maritimes et Finistère. Signe caractéristique: un peu aplati, noir avec deux vagues bandes dorées. Régime alimentaire: des platées de lombrics. C’est précisément cette appétence prononcée pour le meilleur auxiliaire des sols qui motive le muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à lancer un avis de recherche pour tenter de réaliser une cartographie précise de l’implantation de ce ver venu de l’hémisphère sud. Car «dans les quelques pays où des espèces proches ont été récemment détectés, comme en Angleterre, on observe une quasi disparition de sa proie (les lombrics), causant des pertes agronomiques et des déséquilibres majeurs sur les milieux naturels», précise l'inventaire national du patrimoine naturel (INPN), qui dépend du MNHN.

 

Dans l’aire de répartition naturelle du plathelminthe –probablement la Nouvelle-Zélande- «les lombrics ont développé des stratégies d’évitement qui leur permettent de se maintenir malgré ce prédateur», précise l'INPN. Une menace que méconnaissent les lombrics sous nos latitudes, ce qui pourrait les exposer à une prédation désastreuse. «Les lombrics sont des ‘espèces ingénieurs‘: ils creusent des galeries qui aèrent le sol et permettent la circulation de l’eau, elles réassimilent la matière organique du sol, la rendant disponible et exploitable par les végétaux (…) Ils sont une ressource déterminante dans les chaines alimentaires, permettant à de nombreux prédateurs naturels d’exister (insectes, oiseaux, mammifères, amphibiens…). Leur disparition pourrait provoquer la disparition de ces autres espèces.»

 

Les quelques spécimens déjà  récoltés en France ont pris la direction des Pays-Bas, pour être analysés par un spécialiste international des plathelminthes terrestres, pendant que le MNHN procède à une analyse moléculaire. «Tout ce que nous pouvons dire maintenant c'est qu'il appartient probablement à la famille des geoplanidae», explique Jean-Lou Justine, professeur au MNHN et spécialiste des plathelminthes, au Journal de l’environnement. Le scientifique se garde bien de se perdre en conjectures sur l’origine du lombric. «En général, les plathelminthes terrestres voyagent dans les pots de fleurs, en suivant les flux du commerce international des plantes en pot. Les hypothèses variées que je peux lire sur les forums à propos d'une introduction volontaire de ce ver en France (par les ennemis de la nature, par les multinationales, par les terroristes, par les extraterrestres) n'engagent que ceux qui les ont proposées et je ne soutiens aucune de ces hypothèses», précise t-il sur une page internet dédiée à la question.

 

Le plathelminthe terrestre n’est pas venimeux, mais il peut être toxique si on l’ingère. Si vous le voyez, vous pouvez contacter le MNHN ici.

 



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