Vraiment pas mort, le monde?

Le 21 décembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Mayas n'ont jamais prévu la fin du monde.
Les Mayas n'ont jamais prévu la fin du monde.

N’en déplaise aux optimistes, un certain monde est mort. Et rien ne garantit que nous soyons capables de nous adapter à l’anthropocène, ce monde que nous avons créé de toutes pièces.

Demain samedi 22 décembre, la planète bleue continuera de tourner, sur elle-même et autour du soleil.

Est-on certain, pour autant, que le monde n’est pas mort? Le monde que nous croyons éternel. Un monde où la satisfaction de nos besoins n’a pas de limites. Un monde où l’on puiserait librement dans la corne d’abondance des ressources naturelles. Un monde aux valeurs universelles. Un monde où la dégradation de l’environnement ferait partie des dégâts collatéraux «acceptables». Un monde dont le mode de gouvernance, porteur de progrès, serait accepté par le plus grand nombre. En un mot comme en cent, un monde durable.

Hélas ! Les «experts» sont formels. Le monde que nous avons construit depuis la révolution industrielle du milieu du XVIIIe n’est pas… durable. Fonds monétaire international [JDLE], Banque mondiale [JDLE], Agence internationale de l’énergie [JDLE], Programme des Nations unies pour l’environnement [JDLE], Organisation de l’ONU pour l’agriculture et l’alimentation [JDLE], Agence européenne pour l’environnement [JDLE], et j’en passe, tous sont d’accord: nous fonçons droit dans le mur!

Paradoxalement, ce constat nous renvoie au destin malheureux des Mayas. Ces Mayas dont le calendrier complexe fait dire à quelques illuminés que le générique de fin défilera ce soir. Jadis florissante, comme nous le montrent ses vénérables cités, la civilisation maya dite classique a disparu, probablement entre 750 et 1050. Dix siècles après, les causes de cet effondrement sont encore très discutées.

De nombreux historiens ont d’abord cherché une cause unique. Avant que des chercheurs plus contemporains ne proposent des explications complexes.

Joseph Tainter estime que, outre les guerres, les problèmes sociaux et sanitaires, et la dégradation de son environnement naturel, la civilisation maya classique a pâti de sa complexité croissante. Complexité devenue telle, affirme l’anthropologue américain dans son essai The Collapse of Complex Societies, que ces royaumes consacraient plus de ressources économiques et humaines à se maintenir qu’à résoudre leurs problèmes énergétiques, économiques ou agricoles.

Jared Diamond avance d’autres explications, complémentaires. Dans son célèbre Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, l’évolutionniste américain identifie 5 facteurs annonciateurs de la chute des civilisations: le changement climatique, l’hostilité des voisins, la fin de circuits commerciaux, la dégradation de l’environnement et l’incapacité à s’adapter. La plupart de ces problèmes, d’origine largement anthropique (à l’exception des changements climatiques de cette époque), ont fait chuter les Mayas de leur pyramides à degrés. Mais aussi les civilisations pascuane, polynésienne (à Pitcairn), anasazie (sud-ouest des Etats-Unis). Sans oublier les Vikings du Groenland, incapables, alors qu’ils étaient tenaillés par la faim, d’adopter les techniques de pêche des Inuits, leurs voisins.

«Nous adapter», disait encore ce matin l’essayiste Pascal Bruckner sur France Inter, tel semble être le maître verbe. Mais en sommes-nous simplement capables? Dans son prochain livre, le journaliste Hervé Kempf (lire ci-contre) semble en douter sérieusement. Et, à voir le manque de résultats des négociations internationales sur le changement climatique, la lutte contre la désertification, la préservation de la biodiversité, voire la rémunération des traders, on est tenté de lui donner raison.



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