Vous reprendrez bien un peu de pesticides?

Le 14 mars 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les pesticides restent massivement employés dans le monde.
Les pesticides restent massivement employés dans le monde.
DR

Le plan Ecophyto 2018, qui ambitionne la réduction de 50% de l’usage des pesticides en 10 ans, n’a pas fait baisser les volumes épandus chaque année. Bien au contraire, puisque l’indicateur Nodu –pour nombre de doses unités[1]- qui a été retenu pour évaluer les fluctuations de pesticides dans le cadre du plan Ecophyto 2018 montre une augmentation de plus de 2% en 2011 par rapport à 2010. Au grand dam des associations écologistes, associées au plan. Les relations risquent de se tendre un peu plus encore, après l’annonce faite ce jeudi matin 14 mars par la Direction générale de l’alimentation au ministère de l’agriculture lors du comité d’experts Ecophyto. Stéphane Le Foll s’apprêterait à envoyer aux différentes filières agricoles un courrier leur demandant leurs objectifs de réduction des pesticides. L’information, relayée par l’association Générations futures –partie prenante au comité d’experts Ecophyto- s’insurge contre cette démarche «qui symbolise le retour à une forme de cogestion du dossier des pesticides qui va à l’encontre de l’atteinte d’un objectif réellement ambitieux. Qui, en effet, peut penser sérieusement que la profession va s’imposer volontairement des objectifs significatifs?». Contacté, le cabinet du ministère de l’agriculture n’a pas donné suite. L’été dernier, Stéphane Le Foll avait déjà sérieusement entamé les ambitions du plan Ecophyto 2018 en annonçant que la France serait «dans l’incapacité d'atteindre» l'objectif de réduction de 50% de l’usage de pesticides en 2018 (par rapport à 2008) [JDLE].

 

C’est dans ce contexte que l’agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) a publié son étude annuelle sur la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation. Basée sur les résultats d’analyses menées par les 27 Etats membres (plus l’Islande et la Norvège) de produits fabriqués et importés sur leur territoire, l’étude établit que 97,2% des échantillons analysés ne contiennent pas de résidus ou qu’ils contiennent des taux de résidus égaux ou en dessous des limites maximales de résidus (LMR) autorisées. «Les produits importés affichent des dépassements de LMR 5 fois plus élevés que ceux des aliments produits dans l’Union (7,9% comparé à 1,5%), indique l’Efsa. L’agence rappelle que si environ 500 pesticides sont autorisés au sein de l’Union, pas moins de 998 produits peuvent être utilisés à travers le monde (sans compter leurs métabolites, qui font grimper ce nombre à 1.096).

 

Les taux les plus élevés de dépassement de LMR ont été relevés sur des produits en provenance de Mongolie (50%), du Cambodge (50%), de Hong-Kong (47,8%), du Bangladesh (44,4%), de Bolivie (33,3%), d’Inde (28,3%) ou d’Ouganda (23,6). Des résultats à nuancer toutefois, étant donné le faible nombre d’échantillons prélevés dans certains cas.

 

Au sein de l’Union, c’est la Lituanie qui remporte la palme, avec 8,9% de ses produits testés dépassant les LMR autorisées, suivie des Pays-Bas (7,5%) et de Chypre (6,1%). La France[2] dépasse les LMR pour 2,6% des denrées qui sont produites dans ses frontières, et pour 3,2% des produits qui y sont commercialisés (quelle que soit leur provenance géographique). 53% des fruits et 30% des légumes vendus dans le pays, tout en ne dépassant pas les LMR, contiennent toutefois des résidus de pesticides (contre 65% et 39% pour la moyenne européenne). Ce sont l'avoine (5,3%), la laitue (3,4%), les fraises (2,8%), les pêches (1,8%) et les pommes (1,3%) qui affichent la fréquence la plus élevée de résidus de pesticide au-dessus des normes.

 

Les Etats ont analysé entre 61 et 789 pesticides, la France se situant au milieu du classement, avec 336 pesticides. Un chiffre très insuffisant, selon l’association Générations futures, quand l’Allemagne «recherche 788 molécules différentes dans les fruits et légumes! (…) Bien évidemment plus on recherche de pesticides différents, plus on va en trouver, c’est une évidence». L’association demande que la France «aligne ses standards sur ceux de l’Allemagne (…), en augmentant fortement le nombre de molécules recherchées et le nombre d’échantillons analysés afin d’offrir à nos concitoyens la meilleure sécurité sanitaire possible».

 


[1] Il s’agit d’un indicateur «toutes cultures», calculé annuellement à partir des données de vente transmises par les distributeurs secondaires. Il rapporte la quantité de chaque substance active à une dose «unité» qui lui est propre et permet donc d’apprécier l’intensité du recours aux pesticides, indépendamment d’éventuelles substitutions de substances actives par de nouvelles substances efficaces à plus faibles doses. Il permet ainsi une meilleure appréciation de l’évolution des pratiques agricoles.

[2] Dont une partie des échantillons n’a pas été analysée par un laboratoire accrédité, note l’Efsa.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus