Volkswagen: les sanctions tombent

Le 28 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pas de quoi triompher, pourtant.
Pas de quoi triompher, pourtant.
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Le scandale de la fraude aux tests anti-pollution n’en finit pas d’ébranler le groupe Volkswagen (VW). Après la démission surprise de son PDG Martin Winterkorn (visé depuis par une information judiciaire), le constructeur de Wolfsburg entame sa deuxième semaine consécutive en enfer.

Tout a commencé, dimanche 27 septembre, par les révélations publiées par la presse allemande. Selon le quotidien à fort tirage Bild, Volkswagen aurait été alerté à deux reprises depuis 2007 que l’installation du logiciel (développé par l’équipementier Bosch) adaptant le comportement des véhicules aux tests anti-pollution était illégale.

Interdiction en Allemagne?

L’accusation est suffisamment grave pour avoir suscité une réaction immédiate des pouvoirs publics. Dans une lettre adressée à l’industriel, l’autorité allemande du transport routier (KBA) lui demande de mettre aux normes d’ici le 7 octobre les véhicules diesel incriminés, faute de quoi ces modèles pourraient être interdits à la vente et à la circulation. Coup dur, si l’on se souvient que 2,8 millions de véhicules construits par VW et ses filiales (dont 577.000 Audi) roulant en Allemagne sont concernés. Selon l’un de ses porte-parole, tous ces véhicules seront probablement rappelés par le constructeur pour être mis aux normes. Dans le monde, 11 millions de voitures seraient équipées du logiciel trompeur.

Récupérer les primes

En Belgique, le ministre wallon de l’environnement, Carlo Di Antonio, a annoncé dimanche son intention d’engager des poursuites judiciaires pour récupérer les primes environnementales (écobonus) dont ont bénéficié les véhicules réputés peu polluants du groupe allemand. Même son de cloche en Espagne: «Dans la mesure où ces voitures ont été vendues notamment grâce à l’aide accordée aux véhicules performants, nous allons logiquement proposer le remboursement» de ces aides, a affirmé, le ministre espagnol de l’industrie José Manuel Soria. Un message tout spécialement destiné au constructeur local, Seat (filiale de VW), qui a écoulé plus de 500.000 moteurs suspects depuis 2009, selon le quotidien El Pais. En Suisse, où 180.000 moteurs pourraient être équipés du dispositif fraudeur, l’office fédéral des routes a carrément interdit la commercialisation des modèles Audi, Seat, Skoda et Volkswagen incriminés.

Revoir les tests

Au-delà des sanctions, c’est le système d’évaluation des émissions polluantes des véhicules qui doit être remis en cause, si possible avant 2017, année de l’entrée en vigueur des prochains tests, déjà réputés laxistes. Ceux-ci n’ont jamais été fiables, mais l’écart est désormais trop grand entre les indications fournies par les constructeurs (sur lesquelles se basent les autorités pour fixer les bonus-malus et établir les comparaisons des performances environnementales) et la réalité. Dans un rapport publié ce lundi, Transport & Environment estime qu’en moyenne, les émissions réelles sont désormais supérieures de 36% à celles indiquées par les constructeurs. En 2001, cet écart n’était que de 8%, précise l’ONG basée à Bruxelles. Dit autrement, les dépenses en carburant sont, en moyenne, de 450 euros par an plus élevées que celles promises par le constructeur.



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