Volkswagen: le logiciel tricheur décodé

Le 01 juin 2017 par Stéphanie Senet
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Un an de travail pour débusquer les lignes frauduleuses
Un an de travail pour débusquer les lignes frauduleuses

Des chercheurs en informatique américains et allemands ont découvert les lignes de code prouvant la fraude de Volkswagen aux contrôles anti-pollution, révèle le magazine Sciences et Avenir.

 

«Nous avons trouvé l’arme du crime et la façon dont les constructeurs l’ont utilisée», s’est félicité Kirill Levchenko, chercheur en informatique de l’université américaine de San Diego. La trouvaille de cette équipe? Quelques lignes de code subrepticement glissées dans le calculateur du moteur. Celles-ci déclenchent le dispositif anti-pollution dès le lancement de la phase de test, de façon à accroître artificiellement les performances anti-pollution du véhicule. Selon leur étude, plus de 400 micro-logiciels ont été truqués sur 900 modèles embarqués, entre 2009 et 2016.

 

Un an de recherche

Non publiée dans une revue scientifique, cette découverte a été présentée lors d’un symposium sur la sécurité. Elle est le fruit d’un an de recherches. Pour information, une voiture haut de gamme peut comprendre de 70 à 100 unités de contrôle, dont une dédiée au moteur, et au total 100 millions de lignes de code. «C’est l’un des trucages les plus sophistiqués de l’histoire de l’automobile», assure Kirill Levchenko.

 

Fiat aussi

Selon le chercheur, les blocs électroniques frauduleux EDC 17 ont été fabriqués par l’équipementier Bosch puis activés par les constructeurs automobiles. Une autre programmation frauduleuse, sous une forme simplifiée, a en effet été découverte dans des Fiat 500 vendues en Europe. Ce n’est pas une surprise puisqu’une enquête contre le groupe Fiat Chrysler avait été ouverte par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) en janvier dernier.

 

Actions judiciaires

Pour mémoire, le scandale avait été révélé en septembre 2015 par l’EPA. La tricherie du constructeur allemand a eu pour conséquence de cacher des émissions de dioxyde d’azote jusqu’à 40 fois supérieures aux plafonds autorisés aux Etats-Unis et dans l’UE.

Pour l’heure, des procédures d’infraction ont été ouvertes par la Commission européenne à l’encontre de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni. Plusieurs actions de groupe ont également été formées aux Etats-Unis et en Europe. Volkswagen a déjà accepté de payer 23 milliards de dollars (20,56 Md€) outre-Atlantique. En France, il est passible d’une amende de 19,7 Md€.



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