Voitures électriques: EDF s’y voit déjà

Le 10 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un objectif, un périmètre, mais quels moyens ?
Un objectif, un périmètre, mais quels moyens ?
BMW

L’électricien a présenté, ce mercredi 10 octobre, son plan dédié à la mobilité électrique. Objectif: fournir 600.000 automobilistes dans 4 pays européens d’ici 2022. Reste à affiner la stratégie.


Après le solaire, le stockage d’électricité. EDF présentait, ce mercredi 10 octobre, le troisième volet de son plan industriel. En marge du Salon de l’automobile parisien, l’électricien semi-public a annoncé, sans surprise, vouloir s’investir dans la voiture électrique. Plus exactement, «EDF veut être l’énergéticien leader de la mobilité électrique en Europe, dès 2022», a indiqué Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe.

4 pays coeur

Dans l’esprit des stratèges de l’opérateur historique, l’Europe se limite à la France, le Royaume-Uni, l’Italie et la Belgique, les 4 pays ‘cœur’ où EDF est solidement implantée, tant en termes de production que de clientèle.

A ses clients, l’entreprise proposera des offres clé-en-main, variable selon les pays, comprenant le plus souvent fourniture d’électricité décarbonée (certificats d’origine à l’appui), systèmes de recharge (pour les conducteurs disposant d’une place de parking) et, éventuellement, location de véhicules électriques et services énergétiques liés à la batterie. Une offre déjà testée par Edison, filiale italienne du groupe.

600.000 véhicules en 2022

Le but est ambitieux: «Nous voulons fournir en électricité 600.000 véhicules en 2022, soit 30% du marché», avance Jean-Bernard Lévy. Les moyens pour l’atteindre sont un peu plus flous. Dans les prochaines semaines, le groupe va certes mettre en place une direction de la mobilité électrique, d’ores et déjà confiée à Yannick Duport, jusqu’alors directeur commercial de l’énergéticien pour l’Ile-de-France. Cette direction regroupera «les 500 personnes qui travaillent déjà dans le groupe sur la mobilité électrique». Mais nul ne sait encore quels sont ses objectifs financiers ni les moyens dont elle disposera effectivement.

plus de 300.000 bornes de recharge

Jean-Bernard Lévy a toutefois indiqué que Sodetrel, filiale d’EDF dédiée à la gestion de bornes de recharge, installerait 75.000 de ces bornes dans les 4 pays visés, d’ici à 2022, et donnerait accès à 250.000 autres points de charge grâce à sa carte d’interopérabilité, utilisable sur des bornes gérées par d’autres opérateurs. Voilà pour le programme.

Quelle faisabilité?

Reste que l’on est en droit de s’interroger sur sa faisabilité. Car EDF fait le pari d’un très fort et très rapide développement du véhicule électrique dans ses marchés-cibles: 17 millions de véhicules en 2030. Nous venons tout juste de franchir le cap du million de voitures électriques immatriculées en Europe.

Quelles bornes?

Vient ensuite le cas des fameux points de charge. De quel type seront-ils? Et où seront-ils mis en service: chez les abonnés, sur la voie publique, le long des grands axes routiers? Ou les trois à la fois? Pas de réponse. Si ce n’est qu’EDF a noué un partenariat avec la start-up berlinoise Ubitricity, créatrice d’un système de recharge ultraléger raccordable aux lampadaires urbains. En service dans plusieurs villes allemandes et britanniques, le dispositif est à l’essai à Calais. Il pourrait être commercialisé dans les collectivités locales par Citelum, filiale d’EDF spécialisée dans la gestion de l’éclairage public.

consommer et restituer

Pour un électricien, développer le véhicule électrique peut répondre à deux finalités: accroître, bien sûr, la consommation d’électrons et améliorer la gestion du réseau d’électricité. A ce dernier titre, EDF se voit déjà comme le leader européen du ‘smart charging’, comprenez la recharge intelligente.

l'exemple norvégien

Le groupe prévoit d’installer, d’ici à 2020, 4.000 bornes de recharge qui permettront de charger les voitures mais aussi de leur pomper du courant en période de forte demande. Moyennant rétribution. Pour investir ce marché, EDF va prendre une participation dans Nuvve, start-up californienne dirigée par le Français Grégory Poilasne. «En Norvège, où de telles pratiques existent déjà, explique-t-il, les revenus d’un automobiliste peuvent s’élever à 1.400 euros par an.» Une sacrée carotte pour rouler en électrique.



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