Voitures autonomes : Fléau du trafic ?

Le 27 septembre 2019 par Victor Miget
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Les voitures autonomes sur les routes européennes vont augmenter le trafic de 50% à 150% dans les villes d'ici 2050 selon T&E.
Les voitures autonomes sur les routes européennes vont augmenter le trafic de 50% à 150% dans les villes d'ici 2050 selon T&E.
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Selon une étude de Transport&Environment, si rien n’est fait, d'ici 2050, les voitures sans chauffeurs augmenteront fortement la congestion du trafic et les émissions de CO2.

 

Une heure de pointe qui durerait toute la journée. D’après une nouvelle étude de Transport&Environment (T&E), l'arrivée des voitures autonomes sur les routes européennes va augmenter le trafic de 50% à 150% dans les villes d'ici 2050. Ces travaux, intitulés « Less (cars) is more: how to go from new to sustainable mobility », avancent que cette augmentation spectaculaire entrainerait également une hausse de 40% des émissions de CO2 des voitures à cette même date.

Méthode. T & E a analysé l’impact potentiel des voitures autonomes à l’aide d'un modèle interne, l'EUTRM, développé avec Cambridge Econometrics (conseiller en gestion des affaires). Il prend en compte plusieurs intrants comme les déplacements moins chers, de nouveaux groupes d'utilisateurs et le nombre de passagers par véhicule afin de prévoir les implications potentielles des voitures sans conducteur.

T&E part du postulat que les véhicules automatisés sans conducteur pourraient devenir si peu coûteux qu'ils encourageraient les gens à voyager plus via ce mode et plus longtemps. Elle donne pour exemple entre autres : « les plates-formes de covoiturage basées sur des applications, telles que Uber, encouragent les nouveaux trajets et conduisent à plus de kilomètres parcourus, à une augmentation des émissions et à une aggravation de la congestion. Dans un scénario où ces véhicules sont automatisés, le coût de ces services devrait fortement chuter (peut-être de plus de 50%) et, par conséquent, la demande augmenter fortement ». CQFD.

Boucler les villes

Selon l’organisation, dans un premier temps doivent être interdites les voitures sans chauffeurs avec moteurs à combustion. Elle avance que cela pourrait réduire les émissions de 23% d'ici 2050. Mais passé le problème du CO2 grâce aux voitures zéro émission (lien), les véhicules propres et autonomes, mêmes activement partagés, entraîneront des problèmes de congestion dans les villes européennes.

Il s'agira donc aussi d’y réduire progressivement l'espace disponible. Réduction des places de stationnement, du nombre de voies réservées… sont autant de solutions avancées. T&E a modélisé des villes en appliquant ces restrictions en parallèle de déploiement hypothétiques des voitures électriques et autonomes et de l'autopartage. Résultat, 60% de l'activité pourrait être réduite.

Un changement dans la planification urbaine qui permettrait du même coup de réduire les émissions des voitures de 32% d’ici à 2050, ce qui, « combiné avec le passage aux véhicules à zéro émission, placerait les émissions des voitures européennes sur la voie d’une décarbonisation complète des transports d’ici 2050. » Bien sûr, ces démarches doivent s'accompagner en amont par le développement des modes de transport public existants, des mobilités actives et micro-mobilité (partage de vélos et de scooters électriques).

 

 



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