Vitamines: un léger effet anticancéreux

Le 25 octobre 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le risque est diminué de 8%.
Le risque est diminué de 8%.

Les compléments multivitaminés pourraient avoir un modeste effet anticancéreux chez les hommes de plus de 50 ans, selon une grande étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (Jama). De quoi nourrir l’éternel débat sur les bénéfices supposés de ces compléments alimentaires, régulièrement relancé par des études aux résultats contradictoires.

Parmi les dernières en date, une étude américaine a même suggéré un risque accru de mortalité chez les femmes d’âge mûr prenant des multivitamines ou des oligoéléments (voir le JDLE). Conduite sur 14.641 hommes de plus de 50 ans, l’étude PHS II (Physicians’ Health Study II) publiée par l’équipe de Julie Buring, de la Harvard Medical School de Boston (Massachusetts), montre au contraire un effet anticancéreux. Elle a été menée contre placebo, en double-aveugle, à savoir que ni les participants, ni leurs médecins ne savaient à quel groupe ils appartenaient [1].

Tous cancers confondus, le risque est diminué de 8% avec les compléments multivitaminés, au terme d’un suivi moyen de 11,2 ans. Aucun type particulier de cancer n’obtient de résultats statistiquement significatifs, malgré de légères tendances à la baisse pour les cancers colorectaux, du poumon et de la vessie.

C’est chez les hommes de plus de 70 ans que l’effet anticancéreux est le plus marqué (-18%), ainsi qu’en prévention secondaire (-27%), c’est-à-dire chez les hommes ayant déjà souffert d'un cancer avant d’entrer dans l’étude. Difficile de savoir quel élément de ces compléments, à savoir la vitamine C, la vitamine E ou le bêta-carotène, est responsable de cet effet. Quant aux fruits et légumes, qui ont fait l’objet d’autres études, ils n’ont pas d’effet démontré sur le cancer, malgré des bénéfices cardiovasculaires.

[1] A la différence de l’étude menée chez les femmes, au cours de laquelle elles devaient déclarer, environ tous les 10 ans, leur consommation de compléments alimentaires. Une étude dite «observationnelle», à risque de biais statistiques.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus