Vitamine D: naître au printemps, mauvaise idée?

Le 29 novembre 2012 par Romain Loury
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Ne prenons pas de risque durant l'été
Ne prenons pas de risque durant l'été

Le fait d’être né au printemps favorise le risque de sclérose en plaques, d’où l’intérêt d’une supplémentation en vitamine D chez les femmes enceintes, selon une étude britannique publiée dans le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry (JNNP).

Comme pour d’autres maladies auto-immunes, plusieurs travaux ont montré un risque accru de sclérose en plaques chez les personnes carencées en vitamine D. Un risque particulièrement présent dans les régions peu ensoleillées, les ultraviolets étant nécessaires à la formation de la «Sunshine Vitamin» au niveau de la peau.

Or ces carences pourraient avoir des effets à très long terme, selon la méta-analyse menée par Ruth Dobson, de la Queen Mary University of London, et ses collègues. Portant sur 10 études publiées, soit près de 152.000 personnes, ces travaux révèlent un risque plus élevé de sclérose en plaques chez les adultes nés au printemps, lorsque la grossesse a eu lieu à moindre luminosité.

Par rapport à la population générale, le risque est plus élevé de 8% chez les personnes nées en avril, de 9% chez celles nées en mai. A l’inverse, celles nées en octobre ont 5% moins de risques de sclérose en plaques, celles de novembre 10% moins.

Cet effet saisonnier n’est observé que lorsqu’il existe de fortes variations d’ensoleillement au cours de l’année: en-dessous de 52° de latitude, le mois de naissance perd de son effet prédictif. La France, dont le territoire métropolitain dépasse de peu les 51°C, serait donc relativement épargnée par le phénomène.

De quoi inciter un peu plus à supplémenter les femmes enceintes en vitamine D, ce qu’a déjà suggéré une étude américaine en 2010: une fois parvenues à l’âge adulte, les personnes nées de mères ayant consommé assez de laitages pendant la grossesse étaient moins enclines à la sclérose en plaques.

En France, les apports conseillés sont de 10 microgrammes par jour chez les femmes enceintes et allaitantes, contre 5 µg chez l’adulte. Apôtre de la supplémentation, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) rappelle que le risque d’hypovitaminose D, plus élevé chez les femmes enceintes, peut aussi survenir «à Marseille ou à Nice». Il est «indispensable d'assurer aux femmes enceintes le meilleur statut vitaminique D possible, particulièrement au cours du troisième trimestre et pendant les mois en ‘r’», de septembre à avril.

 

 



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