Vitamine D: gare aux allergies alimentaires?

Le 06 mars 2013 par Romain Loury
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L'huile de foie de flétan est l'un des aliments les plus riches en vitamine D.
L'huile de foie de flétan est l'un des aliments les plus riches en vitamine D.

Les enfants trop exposés à la vitamine D pendant leur vie fœtale pourraient être plus à risque de développer une allergie alimentaire dans leurs premières années de vie, selon une étude allemande publiée dans la revue Allergy.

Fréquents dans la population (voir le JDLE), les déficits en vitamine D sont souvent invoqués comme l’une des causes de la recrudescence d’allergies chez les enfants, mais aussi du diabète insulinodépendant et des maladies auto-immunes chez l’adulte. Peut-être bien, mais l’excès de vitamine D serait tout aussi néfaste, suggère l’étude publiée par Kristin Weisse, du Centre Helmholtz de recherche environnementale (Leipzig), et ses collègues.

Les chercheurs ont procédé à l’analyse sanguine de 378 couples mère-enfant, au travers d’échantillons prélevés lors de la 34e semaine de grossesse, puis à l’accouchement sur du sang de cordon. Sans surprise, la plupart des couples présentaient des carences en vitamine D, seules 29,9% des femmes atteignant le seuil, jugé optimal, de 30 nanogrammes par millilitre (ng/ml) de sang.

Or, bien que ce niveau soit recommandé par la plupart des autorités sanitaires, les femmes le dépassant ont 3,66 fois plus de risque d’avoir un enfant souffrant d’une allergie alimentaire au cours de sa deuxième année. Et selon une analyse du sang de cordon, plus la vitamine D y est abondante, plus les lymphocytes T régulateurs -les «Treg», qui empêchent les allergies- y sont rares. L’effet semble restreint aux allergies de type alimentaire: aucune association n’a été relevée avec la présence d’eczéma.

Quant aux immunoglobulines de type E, marqueurs d’allergie, seules celles spécifiques des allergènes alimentaires, et non celles liées aux allergènes respiratoires, sont surélevées chez les enfants surexposés à la vitamine D. Voila de quoi nourrir les débats sur la vitamine D, dont plusieurs travaux ont démontré des effets sanitaires suivant une courbe en U. Notamment sur la mortalité: selon une grande étude danoise publiée en 2012, les personnes ayant un taux sanguin compris entre 19 et 23 ng/ml de vitamine D, niveau souvent jugé insuffisant, présentent un moindre risque de décès que celles se situant en dessous ou au-dessus (voir le JDLE).



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