Vitamine D: des carences mondialisées

Le 11 septembre 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le soleil, source de vitamine D.
Le soleil, source de vitamine D.

Les carences en vitamine D sont quasi généralisées au niveau mondial puisque, chez près de 9 personnes sur 10, son niveau dans le sang est jugé insuffisant, selon une analyse de la littérature publiée dans le British Journal of Nutrition.

Bien au-delà de l’ostéoporose et du risque de fracture, les déficits en vitamine D favoriseraient plusieurs maladies chroniques, dont certains cancers, les infections, les maladies cardiovasculaires, les maladies auto-immunes et le diabète. Or ces déficits sont très loin d’être rares: ils seraient même plutôt la norme, selon l’étude publiée par Jennifer Hilger, de l’Institut de santé publique de Mannheim (Allemagne), et ses collègues.

Portant sur 195 études publiées, soit plus de 168.000 personnes analysées dans 44 pays, cette méta-analyse révèle que 88,1% d’entre elles présentent un taux sanguin de vitamine D inférieur à 30 nanogrammes par millilitre (ng/ml), seuil minimal recommandé en France. Même en fixant ce seuil à 20 ng/ml, comme le font les Etats-Unis, 37,3% de ces personnes demeurent carencées. Quant aux déficits sévères, à savoir moins de 10 ng/ml, on les observe chez 6,7% d’entre elles.

Pour comparaison, 80,1% des Français présenteraient une insuffisance en vitamine D (moins de 30 ng/ml), 37,7% une carence modérée (entre 10 et 20 ng/ml) et 4,7% une carence sévère (moins de 10 ng/ml), selon une étude publiée en avril 2012 par l’Institut de veille sanitaire (InVS) (voir le JDLE).

 

L’Amérique du Nord moins carencée

Une fois n’est pas coutume lorsqu’il s’agit d’indicateurs de santé, c’est en Amérique du Nord que le taux de vitamine D est le plus élevé, avec une moyenne aux alentours de 30 ng/ml, tandis que l’Europe se situe plutôt autour de 20 ng/ml. La zone Asie/Pacifique avoisine les valeurs nord-américaines, tandis que la zone Moyen-Orient/Afrique stagne, pour les adultes, vers 15 ng/ml.

Raison possible de la suprématie américaine, l’ajout de vitamine D dans de nombreux aliments (lait, jus, céréales), une pratique moins courante en Europe. Sur ce continent, c’est la Suède qui présente les valeurs les plus élevées, ce que les chercheurs attribuent à la moindre pigmentation cutanée [1] de ses habitants et à une plus grande consommation de poisson gras –ainsi que de compléments à base de vitamine D.

Difficile en revanche de comprendre la moindre présence de vitamine D en Afrique et au Moyen-Orient, régions où le soleil tape fort. Seuls indices, ces carences ne sont observées que chez les adultes, pas chez les enfants, qui pourraient passer plus de temps à l’extérieur. Les femmes y sont par ailleurs plus souvent en déficit de vitamine D, peut-être en raison de vêtements plus couvrants que ceux des hommes.

 

 

[1] Chez l’homme, la vitamine D provient de deux sources: d’une part par synthèse au niveau de la peau sous l’action des rayons ultraviolets du soleil (50% à 70%), d’autre part via l’alimentation (30% à 50%), en particulier par le poisson, les œufs et les produits laitiers.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus