Virus Zika: la faute à un insecticide?

Le 15 février 2016 par Marine Jobert, envoyée spéciale
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Aedes aegypti, accusé à tort?
Aedes aegypti, accusé à tort?
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Et si le remède était pire que le mal? Le pyriproxyfène, un insecticide employé massivement pour tenter d’enrayer l’épidémie du virus Zika, pourrait être la véritable cause des cas de microcéphalies observés sur le continent sud-américain.

 

Et si le virus Zika n’était pas la cause de la multiplication alarmante des cas de microcéphalies recensés dans une vingtaine de pays d’Amérique du Sud depuis quelques mois? C’est l’hypothèse soutenue par un collectif de médecins argentins et brésiliens, qui mettent en cause un insecticide -le pyriproxyfène– utilisé massivement depuis 18 mois pour endiguer le vecteur principal de la maladie, le moustique. Ils accusent notamment cet inhibiteur des larves d’Aedes aegypti d’être principalement responsable de la quasi-totalité des quelque 3.893 cas de microcéphalie recensés au Brésil depuis le début de l’épidémie, en mai 2015.

 

Dans un rapport coordonné par Avila Vazquez, médecin pédiatrique de l’université de Córdoba, les praticiens font observer que ce sont dans les zones les plus pauvres du pays que sont nés le plus de bébés présentant un périmètre crânien inférieur à la moyenne. Or c’est précisément là que les autorités sanitaires ont eu le plus recours au pyriproxyfène, directement ajouté à l’eau des réservoirs dans lesquels prolifèrent les moustiques. «Les malformations détectées sur les milliers d’enfants de femmes vivant dans des zones où l’Etat brésilien a eu recours au pyriproxyfène dans l’eau potable n’est pas une coïncidence», écrivent les médecins.

 

Ils rappellent d’ailleurs que les précédentes épidémies du virus Zika, au cours desquelles l’insecticide mis en cause n’avait pas été employé, n’avaient engendré aucun cas supplémentaire de microcéphalies. C’est notamment le cas en Colombie, où 3.177 femmes enceintes ont été récemment diagnostiquées comme porteuses du virus; aucun cas de microcéphalie n’a été rapporté. «Il n’y a aucune preuve du lien entre le virus et les cas de microcéphalies», a déclaré Juan Manuel Santos, le président colombien.

 

En France, l’un des spécialistes du sujet, Jean-François Delfraissy, a estimé le 10 février devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale que le lien entre Zika et microcéphalies était «probablement moins fort qu’imaginé». Le directeur de l’institut thématique Microbiologie et maladies infectieuses de l'Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) a en outre indiqué qu’«aucune étude scientifique ‘béton’ ne démontre aujourd’hui l'existence d'un lien direct» entre le virus et les malformations du système nerveux central récemment observées dans les zones touchées par Zika.

 

Aucun effet tératogène ni perturbation endocrinienne n’ont été rapportés jusqu’alors pour le pyriproxyfène, produit par Sumitomo Chemical, entreprise partenaire de Monsanto.

 

 



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