Victime de son succès, Autolib’ perd durablement des abonnés

Le 30 octobre 2017 par Marine Jobert
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Autolib rétrograde en nombre d'abonnés.
Autolib rétrograde en nombre d'abonnés.
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Les abonnés d’Autolib’ de la première heure, habitués à trouver sans difficulté des voitures aux bornes, sont-ils en train de quitter le navire à l’heure où la disponibilité se fait moindre? C’est l’hypothèse du cabinet t6, qui prédit un avenir sombre à l’autopartage sous cette forme.

C’est une étude qui pourra intéresser la vingtaine de villes et la quinzaine d’agglomérations françaises qui ont opté pour les véhicules en autopartage en trace directe[1]. Dans la nouvelle livraison de son baromètre sur l’activité d’Autolib’, le cabinet 6t, spécialisé dans les questions de transport, constate une diminution aussi bien du nombre d’abonnés que des locations. Des tendances «qui s’inscrivent dans la durée. L’hypothèse d’une tendance de long terme devient de plus en plus crédible.»

Infidèles abonnés

Le constat est sans appel: depuis 10 mois, le nombre d’abonnements ‘un an’ actifs en fin de mois a diminué chaque mois sans exception. Une classe d’abonnés plus que significative, puisque ce sont eux qui réalisent près de 95% des trajets enregistrés à bord des quelque 3.900 voitures mises à disposition par Bolloré. Une baisse de 5,4%, qui s’est accélérée fin septembre 2017 (-2,2%), que t6 explique «vraisemblablement en grande partie par des personnes qui avaient pris un abonnement au mois de septembre d’une année précédente et ont choisi de ne pas le renouveler».

Victime de son succès

Prudents, Gautier Jacquemain et Nicolas Louvet, les deux auteurs du baromètre, ont pris soin de comparer le nombre de locations sur le même mois de deux années consécutives, pour lisser les variations saisonnières. Or, constatent-ils, «depuis octobre 2016, chaque mois enregistre moins de locations que le même mois de l’année précédente, avec une diminution de 4 à 16% selon le mois. De même que la diminution du nombre d’abonnements ‘un an’, la diminution du nombre de locations s’inscrit dans la durée.» Et d’avancer une explication: c’est son succès, depuis son lancement en 2011, qui est en train de tuer lentement le service d’autopartage parisien. «Les usagers découragés par le manque de disponibilité d’Autolib’ le sont durablement et ne reviennent pas à leur niveau d’utilisation antérieur du service si la disponibilité de celui-ci augmente à nouveau.» De quoi remettre en cause la viabilité économique du business plan annoncé par Bolloré? 6t l’écrit depuis quelques années déjà. A suivre.

 

 

 



[1] Le conducteur n’est pas tenu de rendre le véhicule à la station de départ, ni de régler le stationnement.

 



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