Vibrio parahaemolyticus vient tâter les eaux atlantiques

Le 06 novembre 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Vibrio parahaemolyticus, vecteur de gasto-entérite.
Vibrio parahaemolyticus, vecteur de gasto-entérite.
DR

Des souches virulentes de Vibrio parahaemolyticus, bactérie qui infecte les fruits de mer, commencent à coloniser la côte atlantique européenne, selon un courrier publié dans le New England Journal of Medicine.

Plus virulentes que les autres souches pathogènes de Vibrio parahaemolyticus, ces deux sérotypes, O4:K12 et O4:KUT, ont été à l’origine de deux grandes épidémies de gastro-entérites aux Etats-Unis, en 1997 et 2004, liées à la consommation de fruits de mer. Tout semble montrer qu’ils sont désormais en route vers d’autres destinations, en particulier les deux rives de l’Atlantique, indiquent Jaime Martinez-Urtaza, du centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), et ses collègues américains.

En 2012, ils ont ainsi été à l’origine de 28 cas d’infection dans 9 Etats de l’est des Etats-Unis, et de 51 cas en Galice, au nord-ouest de l’Espagne. Survenu entre avril et septembre 2012, le premier épisode était lié à la consommation de fruits de mer d’Oyster Bay Harbor (dans l’Etat de New York), tandis que le second a été observé en août 2012 sur un bateau de croisière au large de la Galice, qui a servi des fruits de mer locaux contaminés à ses passagers.

Selon les chercheurs, l’arrivée de Vibrio parahaemolyticus dans l’Atlantique pourrait s’expliquer par l’importation et le stockage dans les eaux locales de fruits de mer contaminés vivants, par des mouvements d’eau de ballast, ou tout simplement par un transport océanique à longue distance de ces souches.

«Pour le moment, nous ignorons si ces souches persisteront [dans leur nouvel habitat] ou si elles s’étendront à d’autres régions». Mais d’autres cas d’infection chez l’homme ont été observés cette année sur la côte atlantique des Etats-Unis, observent les chercheurs, qui appellent à une collaboration internationale pour mieux surveiller ces pathogènes.

Si elle est fréquente en Amérique et en Asie, l’infection par Vibrio parahaemolyticus demeure rare en Europe. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) évoquait en février un total de 237 cas annuels, sur la base d’une modélisation mathématique (voir le JDLE). Outre quelques cas sporadiques, une seule épidémie (100 cas) a été observée en France, en 2001, suite à la consommation de moules irlandaises.

Face à ce faible risque sanitaire, l’Anses indiquait ne pas voir l’intérêt d’une «surveillance pérenne», optant plutôt pour un «plan de surveillance ponctuel», avec 690 analyses pour les huîtres et 340 pour les moules.

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus