Vibrio parahaemolyticus s’en prend aux crevettes asiatiques

Le 09 mai 2013 par Romain Loury
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900 000 tonnes de crevettes tigrées sont consomméees, chaque année, dans le monde.
900 000 tonnes de crevettes tigrées sont consomméees, chaque année, dans le monde.

Une souche de Vibrio parahaemolyticus est à l’origine de la forte surmortalité observée depuis 2 ans dans les élevages de crevettes en Asie du sud-est, a annoncé, vendredi 3 mai, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Ce syndrome, appelé EMS/AHPNS (pour syndrome de mortalité précoce de la crevette/syndrome de nécrose hépatopancréatique aiguë), a atteint en 2011 une ampleur inquiétante, avec des pertes allant jusqu’à 80% dans les élevages crevetticoles des provinces chinoises du Hainan, du Guangdong, du Fujian et du Guangxi. Egalement touchés, la Maladie, la Thaïlande et le Vietnam.

Inconnue jusqu’en 2009, la maladie se caractérise par une léthargie, une croissance lente et des troubles de développement du système digestif, tels qu’estomac et intestin moyen vides, ou encore hépatopancréas (organe tenant lieu de foie) pâle et atrophié. Le tout résultant, en 30 jours, en une forte mortalité dans le bassin infesté. Après pas mal d’interrogations, une équipe de l’université d’Arizona vient de découvrir le coupable, en l’occurrence Vibrio parahaemolyticus.

Si la bactérie est avant tout connue pour causer des intoxications alimentaires liées aux huîtres ou aux crevettes, cette souche-ci ne pose a priori aucun risque pour l’humain : elle n’est porteuse d’aucun des deux gènes conférant une virulence vis-à-vis de l’homme. Pour la FAO, «la maladie semble se répandre à proximité des élevages déjà infectés ou lors du transport de crevettes malades, généralement des juvéniles utilisés pour l’élevage».

Principales espèces touchées, la crevette géante tigrée (Penaeus monodon) et la crevette à pattes blanches (Penaeus vannamei) ne sont pas élevées qu’en Asie: l’Amérique latine et plusieurs pays d’Afrique (Madagascar, Egypte, Mozambique, Tanzanie) en produisent également. Si ces derniers pays, pour l’instant épargnés, ne sont pas à l’abri, le froid tuerait la bactérie, ce qui réduit les risques de contagion à échelle mondiale. «L’essentiel des échanges internationaux de crevettes concerne des produits congelés, qui présenteraient donc un risque de transmission faible, voire nul», rassure la FAO.

Reste désormais à définir comment lutter au mieux contre cette bactérie, la FAO indiquant «amorcer un effort régional concerté de lutte contre la maladie» avec ses partenaires, tels que l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le Réseau des centres d’aquaculture d’Asie et du Pacifique (NACA) ou encore le géant taïwanais de l’agroalimentaire, Uni-President. Dans l’immédiat, l’organisme onusien appelle les éleveurs à assurer au mieux la sécurité sanitaire de leurs bassins, et à mener une «surveillance étroite» des crevettes juvéniles.



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