Viande transformée: les eurodéputés veulent connaître l’origine

Le 11 février 2015 par Romain Loury
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L'origine bientôt connue?
L'origine bientôt connue?
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Après le feu vert, fin janvier, de la commission Environnement, les eurodéputés ont largement voté ce 11 février en faveur de l’étiquetage de l’origine géographique pour la viande transformée, à 460 voix pour, 204 contre et 33 abstentions. La balle est désormais dans le camp de la Commission européenne, très réticente.

«Après le scandale de la viande de cheval, il nous appartient de restaurer la confiance du consommateur. Nous demandons à la Commission de déposer une proposition législative pour un étiquetage obligatoire du pays d’origine, afin d’améliorer la transparence et d’apporter une information complète aux consommateurs», a déclaré le président de la commission Environnement, l’Italien Giovanni La Via (Parti populaire européen, PPE).

«Nous devons cependant veiller à ce que cela n’entraîne pas de charges supplémentaires pour les petites et moyennes entreprises, qui sont nombreuses dans le secteur», a-t-il ajouté. Et c’est là l’écueil majeur du projet, celui face auquel la Commission a tout l’air, pour l’instant, de freiner des quatre fers.

Lors d’un rapport publié en décembre 2013, elle évoquait des surcoûts de fabrication compris entre «+15-20% et 50%». De quoi définitivement couper l’envie de lasagnes surgelées, qu’elles soient au bœuf ou au cheval. Face aux 90% des consommateurs européens se disant pourtant favorables à un tel étiquetage –sans être interrogés sur le prix-, l’exécutif bruxellois s’est dit prêt à une mention intermédiaire, du style «UE/non-UE».

L’UFC-Que Choisir très sceptique

Or les prévisions de la Commission sont vivement démenties par l’association UFC-Que Choisir, qui lors d’une enquête sortie peu avant avait montré que le prix n’avait augmenté que de 0,7% chez les fabricants français ayant étiqueté de manière volontaire. Bémol: dans tous les cas, il s’agissait de viande transformée française, et ces producteurs n’avaient pas étendu la démarche à tous leurs produits.

Face à ces divergences d’appréciation, les députés européens «demandent des indications plus claires», indique le Parlement dans un communiqué. «L'évaluation devrait être menée en coopération avec les organisations de consommateurs et ne devrait pas retarder les propositions législatives», ajoute-t-il.

A ce jour, seule la viande bovine fraiche doit obligatoirement faire l’objet d’un étiquetage de la mention d’origine, pour la naissance, l’élevage et l’abattage. La Commission a tenté d’étendre le système aux viandes fraîches non bovines, mais le projet a été retoqué en février 2014 par le Parlement européen, qui y voyait trop d’occasions de tromper le consommateur.



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