Viande rouge: les cancers expliqués par un sucre

Le 07 janvier 2015 par Romain Loury
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Un véritable nid à Neu5Gc
Un véritable nid à Neu5Gc
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Comment expliquer le fait que la viande rouge augmente le risque de certains cancers? Une équipe américaine vient de découvrir un possible mécanisme, impliquant un polymère de sucres absent chez l’homme, le Neu5Gc.

Parmi les méfaits de la viande rouge, le cancer colorectal, mais aussi celui de la prostate, des ovaires et même du poumon. Si le phénomène est désormais bien connu, ses mécanismes demeurent en revanche obscurs.

Dans une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), l’équipe d’Ajit Varki, de l’université de Californie à San Diego, vient de trouver un suspect intéressant, en l’occurrence le glycane Neu5Gc, polymère de sucres présent dans la viande.

Selon les chercheurs, la molécule abonde particulièrement dans la viande de bœuf, où elle atteint entre 25 et 231 microgrammes/gramme (µg/g), loin devant celle de porc (entre 7 et 40 µg/g) et celle d’agneau (14 µg/g).

De plus, le Neu5Gc s’avère biodisponible dans la matrice alimentaire, c’est-à-dire qu’il peut être absorbé par l’organisme et coloniser plusieurs de ses sites. Chez l’homme, on le retrouve ainsi souvent au niveau du colon, de la prostate et de l’ovaire –organes touchés par les cancers liés à la viande rouge.

Anticorps + antigène = inflammation

Or pour une raison obscure, le Neu5Gc, présent chez de nombreux mammifères, est naturellement absent chez l’homme. D’où l’hypothèse formulée par les chercheurs: reconnu comme un corps étranger, le glycane induirait la production d’anticorps. L’interaction de ceux-ci avec cet antigène produirait une inflammation, favorisant la survenue de cancers.

Pour démontrer cela, l’équipe a utilisé des souris génétiquement modifiées, ne produisant pas de Neu5Gc. Chez ces animaux «humanisés», l’ingestion répétée de la molécule entraînait une production d’anticorps anti-Neu5Gc. Leur organisme développait une inflammation chronique, avec un risque de cancer multiplié par 5, en particulier au niveau du foie. Or c’est au niveau de cet organe que le Neu5Gc s’accumulait.

«Il sera bien plus difficile de prouver l’existence de ce mécanisme chez l’homme», reconnaît Ajit Varki. Au-delà du cancer, «ce travail permettra d’expliquer les connexions possibles entre la consommation de viande rouge et d’autres maladies liées à une inflammation chronique, telles que l’athérosclérose et le diabète non insulinodépendant», conclut-il.



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