Viande fraîche: les eurodéputés pour un étiquetage complet

Le 12 février 2014 par Romain Loury
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Les eurodéputés demandent un étiquetage plus complet
Les eurodéputés demandent un étiquetage plus complet

Le Parlement européen s’est fermement opposé, jeudi 6 février, à l’étiquetage d’origine sur les viandes fraîches non bovines proposé par la Commission européenne, au motif qu’il risquerait de tromper le consommateur.

Détaillé par le règlement d’exécution n°1337/2013 publié en décembre, cet étiquetage prévoit une mention du lieu d’abattage et du lieu d’élevage pour les viandes porcine, caprine, ovine et de volaille. Le lieu d’élevage peut ainsi être indiqué après 6 mois de résidence pour les ovins et caprins, mais seulement 4 mois pour les porcins et 1 mois pour la volaille!

Aucune obligation quant au lieu de naissance, et ce malgré les demandes répétées du Parlement, rappelle celui-ci dans un communiqué. Telle est la raison pour laquelle les députés se sont prononcés pour le retrait de ce règlement, en approuvant à une forte majorité (368 voix pour, 207 contre, 20 abstentions) la résolution de Glenis Willmott (Royaume-Uni, groupe socialistes et démocrates).

A la place, ils demandent à la Commission de proposer un règlement identique à celui en vigueur pour la viande bovine depuis 2002, mentionnant les lieux de naissance, d’élevage et d’abattage –mis en place suite à la «crise de la vache». Autre requête, les viandes hachées et les chutes de parage [1] doivent être soumises aux mêmes règles, alors que le règlement publié en décembre les en exempte.

 

«Une vue d’ensemble de la chaîne»

Pour Glenis Willmott, «les consommateurs souhaitent avoir une vue d'ensemble de la chaîne d'approvisionnement de la viande […]. De nombreux citoyens veulent savoir si les animaux sont originaires de pays qui appliquent des normes de bien-être élevées et veulent connaître la distance parcourue par les bêtes pour des raisons d'éthique et d'environnement».

Selon la Commission européenne, un tel étiquetage entraînerait un surcoût de 15% à 50%, un argument déjà avancé pour la mention d’origine de la viande bovine transformée (voir le JDSA). Sur son site internet, l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi estime que l’idée «ne tient pas: il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé avec la viande bovine, cela fonctionne puisque les prix n’ont pas dramatiquement augmenté, donc pourquoi pas appliquer ces règles aux autres types de viande?».

[1] Les chutes de parage sont les petits morceaux de viande reconnus propres à être consommés, obtenus lors du désossage ou de la découpe.

 



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