Viande de porc: soupçons de fraude à la salmonelle

Le 19 février 2014 par Romain Loury
> 
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le n°1 du porc en France visé par une enquête judiciaire
Le n°1 du porc en France visé par une enquête judiciaire

Le groupe coopératif breton Cooperl, qui se revendique numéro 1 du porc en France, fait l’objet d’une enquête judiciaire en raison de soupçons de fraude sur ses autocontrôles de salmonelles.

C’est le Télégramme de Brest qui a révélé l’affaire samedi: mercredi 12 février, trois cadres de Cooperl, groupe basé à Lamballe (Côtes-d’Armor), ont été mis en garde à vue pour une durée de 24 heures, soupçonnés d’avoir participé à une escroquerie à la viande contaminée par les salmonelles.

Selon des informations recueillies par l’Agence France Presse (AFP) auprès du procureur de Saint-Brieuc Gérard Zaug, Cooperl est soupçonnée d’avoir falsifié ses résultats d’autocontrôle entre 2010 et 2012. Au final, ce serait 1.500 tonnes de viande séparée mécaniquement, notamment destinée aux plats cuisinés et à la charcuterie, qui aurait été commercialisée en France et en Russie, présentée comme indemne de salmonelles alors qu’elle ne l’était pas.

Selon le Télégramme de Brest, rien n’empêche la vente d’une viande comportant des salmonelles, à condition qu’elle soit signalée comme telle et que la bactérie soit éliminée à la cuisson. Mais une telle viande serait «2,5 à 3 fois» moins chère que celle indemne de salmonelles, ajoute le quotidien.

 

Une «mauvaise interprétation» de la législation

Contactée par le JDSA, Cooperl reconnaît qu’une enquête est en cours, mais «dément les allégations de fraude et d’escroquerie». Pour sa défense, elle avance l’idée d’une «mauvaise interprétation» de la législation, «éminemment complexe». Des textes certes nombreux, mais dont on peut s’étonner qu’ils ne soient pas maîtrisés par une société aussi importante que Cooperl. «Ce n’est pas corrélé à la taille de l’entreprise», se défend celle-ci...

«Immédiatement après le contrôle de novembre 2012 [une perquisition judiciaire, ndlr], nous avons amélioré nos protocoles d’analyse sur la salmonelle et nous sommes en parfaite conformité avec les exigences réglementaires de qualité et de sécurité sanitaire», ajoute Cooperl dans un communiqué. Depuis fin 2012, la société affirme s’en tenir «à la lettre de l’interprétation officielle de la réglementation».

Les faits remontant à plus de deux ans, Cooperl écarte tout risque pour la santé humaine, mais n’a pas souhaité indiquer au JDSA qui étaient ses clients, par peur de retombées commerciales.

Parmi eux figure Herta, a reconnu auprès du JDSA une porte-parole de l’entreprise du groupe Nestlé. Cooperl n’en est cependant qu’un «très petit fournisseur», a-t-elle précisé, ajoutant qu’il ne lui fournit que des produits destinés à être cuits -donc censés sans risque sanitaire en ce qui concerne les salmonelles.

Quant à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Côtes-d’Armor, elle a préféré ne pas se prononcer, l’affaire étant entre les mains de la justice.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus