Viande de porc: réforme controversée du contrôle sanitaire

Le 09 octobre 2013 par Romain Loury
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Les contrôles vont se relâcher.
Les contrôles vont se relâcher.
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Surprise au Parlement européen, qui s’est prononcé, mercredi 9 octobre, pour un projet de règlement de la Commission autorisant le simple contrôle visuel afin de déclarer une viande de porc propre à la consommation humaine.

Mesure la plus controversée de ce projet de règlement [1], le fait de ne plus recourir systématiquement aux incisions et palpations de la viande, mais seulement dans certains cas où il existe un risque possible pour la santé publique, la santé animale ou le bien-être des animaux. Une appréciation prise en fonction de l’origine de la viande, d’inspections antérieures ou de contrôles visuels.

Dans tous les autres cas, le seul examen visuel suffira pour que la marque sanitaire soit apposée, là où les vétérinaires recouraient à l’incision/palpation. Pour la Commission européenne, il s’agit d’éviter les contaminations croisées que peut engendrer la technique, un risque pointé en octobre 2011 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Or la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (Envi) du Parlement ne l’a pas vu du même œil. Selon elle, recourir au seul examen visuel pourrait au contraire engendrer un risque pour la santé humaine. Mais aussi pour la simple qualité des aliments, en laissant passer des animaux atteints de tumeurs ou d’abcès. Sans oublier que «la probabilité de détecter des épizooties pourrait diminuer».

Des vétérinaires laissés pour compte?

«En cas d’adoption du projet de règlement, le nombre d’éléments non vérifiés et non contrôlés devrait augmenter», tandis que les vétérinaires «ne seraient plus en mesure d’effectuer consciencieusement leurs missions», déplore la commission Envi dans une résolution de veto. C’est ce texte qui vient d’être rejeté mercredi en session plénière, par 368 voix contre 268, et 13 abstentions.

En matière de prévention des salmonelles, la Commission européenne propose en outre de recourir à un échantillonnage officiel sur les carcasses «et/ou» de récolter des informations sur le nombre d’échantillons et le taux de positifs. Un «et/ou» sur lequel la commission Envi a également trouvé à redire: selon elle, laisser le choix aux Etats entre une démarche active et une observation passive pourrait, «dans la pratique, conduire à une absence de vérification effective des opérations menées par les exploitants du secteur alimentaire».

[1] Ce texte vient modifier le règlement n°854/2004 fixant les règles spécifiques d’organisation des contrôles officiels concernant les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine



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