Viande de cheval: la France en tête

Le 17 avril 2013 par Romain Loury
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: la France remporte la palme d’or de la viande de cheval.
: la France remporte la palme d’or de la viande de cheval.
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La Commission européenne a livré mardi 16 avril son verdict: la France remporte la palme d’or de la viande de cheval, le Royaume-Uni celle de la phénylbutazone. Lancé le 13 février au niveau européen, ce programme de tests avait pour but de connaître l’ampleur des fraudes à la viande de cheval dans les aliments vendus en Europe. Et ce aussi bien dans les plats cuisinés que dans la viande brute, les désormais célèbres minerais de bœuf. Les résultats viennent de tomber: victoire de la France, avec 13,31% d’échantillons contenant de la viande de cheval (contre 4,66% au niveau européen), talonnée par la Grèce (12,5%).

 

Dans le détail des chiffres, les autorités françaises ont analysé 153 plats cuisinés, dont 17 étaient positifs, issus de 4 fabricants différents (dont William Saurin). Quant aux 200 prélèvements sur des minerais de bœuf, 30 se sont avérés contenir de la viande de cheval. Dans la quasi-totalité des cas positifs (17 plats cuisinés, 27 minerais), c’est le circuit d’approvisionnement via les Pays-Bas -et donc le trader Draap Trading- qui est en cause [1]. Afin d’enrayer ces fraudes, le futur projet de loi sur la consommation, que Benoît Hamon présentera le 2 mai au conseil des ministres, devrait proposer des sanctions plus dissuasives: jusqu’à 5 ans de prison et 600.000 euros d’amende (3 M€ pour les personnes morales), ou bien 10% du chiffre d’affaires de l’année précédente, selon un communiqué du gouvernement.

 

A ce jour, un tel type de fraude expose à une amende maximale de 37.500 € (185.000 € pour une personne morale) et deux ans de prison. «Une escroquerie qui consiste à vendre du cheval pour du bœuf est beaucoup moins lourdement sanctionnée qu'un vol à l'étalage! (…) Celui qui vole une barquette de viande dans un rayon peut se voir infliger une amende de 45.000 € et trois ans de prison», indique Benoît Hamon dans une interview accordée aux Echos. Le gouvernement compte par ailleurs voir l’origine de la viande apparaître sur les plats cuisinés, ce dont il a fait la demande à la Commission européenne, assez peu convaincue par cette mesure [JDLE]. Il vise aussi des démarches volontaires, avec des labels du type «Viande bovine française» comme pour la viande non transformée, un projet en cours d’étude avec les professionnels.

 

Autre confirmation des résultats européens, le Royaume-Uni semble bien s’être fait une spécialité de la viande de cheval à la phénylbutazone, anti-inflammatoire dont la présence est interdite dans les aliments, avec 14 des 16 tests positifs recensés en Europe. Ce qui s’explique aussi par le fait que la Food Standards Agency (FSA) a récemment décidé de tester toutes les carcasses de cheval. Du côté français, aucun positif à la phénylbutazone parmi les 215 échantillons testés. «En complément, les autorités françaises ont procédé à des recherches d’antibiotiques sur ces échantillons: seul un échantillon s’est avéré positif, ce qui est marginal», indiquent les trois ministères concernés (agriculture/alimentation, consommation, agroalimentaire). Pour l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’agence européenne du médicament (EMA), il y a peu d’inquiétudes à avoir quant à cette contamination par la phénylbutazone, en raison de la faible probabilité d’exposition et de toxicité pour le consommateur, indiquent-t-elles dans un avis commun publié lundi 15 avril. Le médicament vétérinaire demeure cependant interdit, en raison de l’impossibilité de définir un seuil de sûreté.

 

[1] Les Pays-Bas n’ont eu que 2 tests positifs sur les 288 qu’ils ont effectués, l’un sur un plat cuisiné, l’autre sur un minerai de bœuf.



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