VHU, filière auto-gérée

Le 22 avril 2008 par Victor Roux-Goeken
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Huit ans après le vote de la directive européenne, et deux ans après le démarrage de la filière en France, la mise en place du recyclage des véhicules hors d’usage (VHU) semble enfin s’accélérer: le Meeddat a lancé sa campagne de sensibilisation, et le principal constructeur automobile français, Renault, a décidé de s’impliquer largement dans le dispositif.

«Les véhicules hors d’usage (VHU) de nombreux particuliers ne passent toujours pas par le circuit professionnel agréé», estime Romain Dissaux, chargé de mission pour la filière des déchets du secteur automobile au ministère chargé de l’environnement (Meeddat). Le 14 avril, le ministère a donc lancé une campagne d’information à destination du grand public sur l’élimination de cette catégorie de déchets dangereux. Promise par le gouvernement lors du lancement de la filière le 24 mai 2006, la campagne se faisait attendre. Mais «le Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA) et la Coordination nationale des négociants de véhicules accidentés et de pièces de réemploi (CNNVAPR) avaient lancé chacun une campagne», relativise Romain Dissaux.

La campagne ‘officielle’ coïncide avec le mouvement progressif de professionnalisation de la filière. «Lors du démarrage effectif, 400 à 500 opérateurs étaient agréés pour recevoir des VHU. Nous venons de passer le cap des 1.400 vendredi 17 avril, répartis entre 1.350 démolisseurs et 50 broyeurs. Au départ, le secteur protestait devant notre volonté d’organiser la filière, mais depuis un an et demi, nous avons de bons échos. Pour nous, l’essentiel est que la filière non agréée des VHU soit tarie», continue Romain Dissaux.

L’organisation de la filière prévue par une directive de 2000 étant librement laissée aux Etats membres (1), la France a choisi de ne pas créer un éco-organisme, et de laisser les constructeurs automobiles s’organiser. Tous estiment que la forte valeur ajoutée de leurs VHU -70% de métaux en moyenne– permet à la filière d’être rentable, notamment grâce aux ferreux et non ferreux. Mais les stratégies diffèrent quant au traitement.

Le groupe Volkswagen (VW) a «appliqué la directive de la même manière qu’en Allemagne, selon Constantin Voluntaru, responsable environnement de VW France. Nous avons passé des contrats avec 40 démolisseurs et 5 broyeurs en France, car VW a décidé de mettre ces 2 filières face à face, pour voir laquelle est la plus efficace» par rapport aux objectifs de la directive (85% de valorisation en 2006, et 95% en 2015). En 2007, sur un gisement VW estimé à 150.000 VHU, 20.000 environ ont été traités par les démolisseurs.

Le responsable environnement pense qu’il sera difficile d’arriver à un taux de recyclage de VHU de 95%. «La seule solution pour atteindre ce taux, c’est le post-broyage, qui permet de tout récupérer.» Mais Constantin Voluntaru pense que tout récupérer a peu d’intérêt, car les matériaux à faible valeur ajoutée tels que les textiles, mousse et sable ne trouveront pas de débouchés économiques.

De son côté, le ministère estime que les constructeurs ont intérêt à privilégier le broyage, qui leur permet de garder le monopole des pièces détachées.

Bien que la première usine mondiale de retraitement des VHU ait été construite au Japon en 1998, Toyota, qui représente 2% du parc automobile français, a jugé qu’il était responsable de trop peu de VHU pour s’impliquer dans une telle filière en France. Aussi le constructeur japonais est-il actuellement en pourparlers avec Indra pour le retraitement et la valorisation de ses VHU.

Renault projette, quant à lui, de prendre le contrôle d’Indra d’ici mai, via une structure nouvellement créée: Renault environnement. Sita, filiale de Suez, sera de la partie. «Actuellement, 25 à 30.000 VHU sont traités chaque année», selon Jean-Philippe Hermine, chef de projet VHU à la direction du plan environnement de Renault. Le constructeur français, qui détient 35 à 40% des parts de marché, mise sur «le développement du post-broyage et l’industrialisation des démolisseurs, qui permettront d’arriver à l’objectif de 95% de recyclage». Renault vise 150.000 VHU traités chaque année.


(1) Voir l’article du JDLE «VHU: interrogations sur le succès de la directive»


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