Vers une révolution bleue?

Le 22 août 2006 par Laure Pollez
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C'est un véritable appel à la révolution qui a ouvert la semaine internationale de l'eau, ce dimanche 20 août à Stockholm: «Les pratiques de gestion des ressources en eau suivies au cours des 50 dernières années ne sauraient servir de modèle pour faire face aux pénuries d'eau dans les années à venir», a déclaré Frank Rijsberman, directeur général de l'Institut international de gestion de l'eau (IWMI). «Il faut que des transformations radicales s'opèrent au niveau des institutions et des organisations chargées de gérer les ressources en eau de la planète, et que la conception de la gestion de ces ressources soit totalement repensée -et cela aussi bien au niveau des ingénieurs des organismes bailleurs de fonds qu'à celui des agriculteurs malawiens.»

Cet appel se fonde sur le travail de plus de 700 chercheurs et praticiens issus d'une centaine d'organismes internationaux pendant 5 ans. Selon leur rapport, déjà un tiers de la population mondiale manque d'eau. Et si les tendances actuelles se poursuivent, d'ici 2050, la seule consommation agricole doublera. Un casse-tête s'annonce: «Il faut plus d'eau pour lutter contre la pauvreté, produire des denrées alimentaires, satisfaire aux besoins des villes et des industries, mais le prélèvement de plus grandes quantités d'eau au détriment d'autres écosystèmes compromet les constituants de notre milieu vital», explique David Molden, coordonnateur des travaux d'évaluation pour l'IWMI.

Cependant, un scénario alternatif semble encore possible. Selon les experts, des actions appropriées permettraient de ralentir la hausse de la consommation d'eau de 50%. La clé du problème serait l'augmentation des rendements de l'agriculture, notamment de l'agriculture pluviale (1) qui permet l'accroissement de la productivité de l'eau.

Mais d'autres pistes, complémentaires, sont évoquées: le développement de l'hydraulique, où les investissements ne sont pas à la hauteur des besoins; l'aide à l'accès à l'eau pour les petits agriculteurs; la réutilisation des eaux usées sans danger; la modification des pratiques d'élevage, de pisciculture et d'aquaculture, qui pourrait contribuer à accroître le bénéfice de chaque goutte d'eau; la fin de la mise en concurrence entre les modes de culture et les consommations d'eau, pour promouvoir la complémentarité et le «continuum» dans l'exploitation de cette ressource; les incitations aux économies et aux usages les plus rentables de l'eau.

«Au cours des 50 dernières années, on est généralement parti du principe  que l'eau était une ressource renouvelable gratuite et que le principal problème consistait à la capter pour la mettre à la disposition des êtres humains, sans se préoccuper des conséquences environnementales», insiste David Molden. «Cette ligne d'action doit être abandonnée sans plus attendre, car il n'y a plus de nouvelles ressources en eau pour le quart de la population mondiale qui vit dans des bassins fluviaux fermés ou sur le point de le devenir -en particulier en Asie et en Afrique du Nord. Dans ces bassins, la seule possibilité est de réaffecter les ressources en eau à des usages de plus grande valeur».



(1) En opposition à l'agriculture irriguée, l'agriculture pluviale utilise principalement les eaux de pluies




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