Vers une restructuration mondiale des marchés du carbone

Le 09 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les échanges de carbone pourraient se développer dans trois régions.
Les échanges de carbone pourraient se développer dans trois régions.
AIE

Avant que l’encre de l’accord de Paris soit sèche, la finance carbone sera essentiellement régie par trois marchés régionaux.

Alors que s’écrivent les dernières lignes de l’accord de Paris, une reconfiguration de la finance carbone s’opère d’ores et déjà au niveau mondial. Mardi 8 décembre, l’un des responsables de la commission chinoise pour la réforme et le développement (l’équivalent du ministère de la planification) a esquissé, lors d‘une conférence organisée en marge de la COP 21, la trame du futur marché chinois de quotas de gaz à effet de serre.

Deux fois l’UE ETS

Prévu pour s’ouvrir en 2017, ce pendant extrême-oriental de l’ETS européen concernera 10.000 entreprises et mettra 4 milliards de tonnes de gaz carbonique sous contrainte. Par comparaison, le système communautaire (EUETS) concerne un peu plus de 11.000 sites industriels émettant environ 2 Mdt de CO2 par an.

Selon Jiang Zhaoli, les efforts demandés aux industriels obligés seront plus importants que ce que prévoit l’INDC chinoise. Pour mémoire, Pékin prévoit de réduire de 40 à 45% l’intensité carbone de son économie entre 2005 et 2020, et de 60 à 65% entre 2005 et 2030.

Pouvoir d’attraction

La création, par la Chine, du plus gros marché du carbone du monde devrait fortement influer sur la finance carbone de la région Asie-Pacifique. La Corée du Sud a déjà manifesté son désir de connecter son marché, encore balbutiant, à celui de son puissant voisin. L’Australie, qui fut précédemment liée à l’ETS européen, pourrait également rallier la Chine, son principal acheteur de charbon.

De l’autre côté du Pacifique, les marchés du carbone se structurent. Après la connexion des marchés californien et québécois, en début d’année, la Western Climate Initiative (WCI) devrait prochainement s’étendre un peu plus. L’Ontario va prochainement rejoindre le plus gros des marchés du carbone nord-américains, probablement suivi par l’Alberta, récemment converti à l’écologie et le petit Manitoba.

Mort annoncée de la RGGI

Ces retournements pourraient signer l’arrêt de mort du premier système d’échange de quotas américain, la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI). En octobre, le gouverneur de l’Etat de New York (Etat qui participe à la RGGI) a demandé à ses services de se préparer à rejoindre le marché créé par la Californie, du temps où elle était gouvernée par un certain Arnold Schwarzenegger. Autre Etat prêt à faire sécession: le Vermont. L’Oregon et l’Etat de Washington, qui ne participent à aucun marché pour le moment, se disent également intéressés par la WCI.

Et l’Europe? Engoncée dans la petite réforme de son marché interne (auquel sont liés Islande, Norvège et Liechtenstein), l’Union européenne a peu à offrir, si ce n’est un hypothétique couplage avec d’autres marchés. A moins, bien sûr, que l’on ne s’intéresse à d’autres actifs carbone. On ne manquera pas alors de remarquer la proposition faite, le 8 décembre, par la Commission et le gouvernement brésilien d’instiller dans l’accord de Paris un nouveau mécanisme de flexibilité qui pourrait succéder au mécanisme de développement propre du protocole de Kyoto. Ce système pourrait être soutenu par le Canada, la Corée du Sud, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Suisse qui, tous, prévoient d’atteindre une bonne part de leurs objectifs nationaux grâce à des mécanismes de marché.



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