Vers une réévaluation du coût social du carbone

Le 13 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Seule la monétarisation du carbone permettra le développement du stockage géologique du CO2.
Seule la monétarisation du carbone permettra le développement du stockage géologique du CO2.

Dix mois avant l’ouverture du sommet climatique de Paris (COP 21), tout le monde semble d’accord. Oui, il faut monétiser l’émission de carbone, et inclure dans ce prix une estimation du montant de la facture des conséquences des changements climatiques. C’est ce que les économistes appellent le coût social du carbone.

C’est sur l’estimation de ce coût social que les avis divergent. Parmi les premiers à avoir planché sur le sujet, les membres de la commission Boiteux proposaient, à la fin du siècle dernier, de retenir une valeur de référence de 32 euros la tonne de CO2 en 2010. Un prix appelé à tripler en une quarantaine d’années.

Partant de la même base, le centre d’analyse stratégique estimait, en 2008, que le taux d’actualisation devait être plus élevé que celui retenu par la commission dirigée par l’ancien président d’EDF. En d’autres termes, le prix social du carbone devrait atteindre 200 €/tCO2 à l’horizon 2050.

30 ou 220 dollars

Aux Etats-Unis, nous n’en sommes pas encore là. Outre-Atlantique, la doctrine est établie par une notice du secrétariat à l’énergie (DOE): le coût sociétal du CO2 y est fixé à 36 $/tCO2 (30 €). Son évolution est tracée dans une note inter-agences fédérales. Publié en mai 2013, elle fixe à 3% par an le taux d’actualisation du coût social: il atteindra 71 $ (60 €) en 2050.

Quelle que soit l’option choisie par les économistes et les politiques, ces chiffres restent très insuffisants, estiment deux chercheures de l’université Stanford. Dans un article publié en début de semaine par Nature Climate Change, Frances Moore et Delavane Diaz affirment que le coût social pris en compte par les autorités américaines n’est pas à la hauteur des enjeux.

Les modélisations antérieures, affirment-elles ont minoré le coût des conséquences des changements climatiques et leur impact sur le ralentissement de l’activité économique mondiale. En résumé, c’est un coût social de 220 $ (186 €) la tonne de CO2 qu’il faut prendre en compte pour bâtir des stratégies climatiques susceptibles de nous permettre de stabiliser le réchauffement aux alentours de 2°C.



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