Vers une interdiction des sacs plastiques?

Le 10 novembre 2004 par Christine Sévillano
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sacs plastiques
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La proposition de loi d'Yves Jégo d'interdire les 15 milliards de sacs plastiques distribués chaque année dès le 1er janvier 2010 commence à faire son chemin. Le ministre de l'Ecologie a promis hier au député de la Seine-et-Marne de constituer un groupe de travail sur le sujet dès le mois de décembre.

Yves Jégo, député-maire de la ville de Montereau (Seine-et-Marne), a soumis hier matin sa proposition de loi au ministre de l'Ecologie et du développement durable, Serge Lepeltier. Ce dernier s'est engagé à créer un groupe de travail sur la question des sacs plastiques qui réunira professionnels des emballages plastiques et biodégradables, de la distribution et les associations notamment de consommateurs. "L'idée consiste à dresser un bilan écologique, d'établir des tableaux de comparaison entre les sacs plastiques et les sacs biodégradables", explique Yves Jégo. Le groupe, qui commencera ses travaux en décembre, devra également réfléchir à la conception d'un sac aux vertus écologiques et à l'élaboration d'un label de biodégradabilité."Il s'agit en fait d'une expertise qui viendra soutenir ma proposition de loi", poursuit le député. Yves Jégo avait en effet proposé en août une loi visant à interdire les sacs plastiques non biodégradable dès le 1er janvier 2010. Cette proposition a recueilli la cosignature de 180 députés, soit un tiers des élus de l'Assemblée Nationale. "C'est un vrai succès, les propositions de loi requièrent en général 30 à 40 signatures, pas plus", explique Yves Jégo.

Les sacs plastiques les plus répandus sont fabriqués à partir de pétrole et mettent quatre siècles à se dégrader. 15 milliards sont distribués gratuitement chaque année en France. Sur ce nombre, plus de la moitié polluent les océans, causant la mort de dauphins et de tortues par étouffement. 122 millions de sacs sont aussi abandonnés dans la nature. Ils génèrent 20.000 tonnes de déchets non dégradables. La solution alternative réside, selon Yves Jégo, dans le sac biodégradable, composé à base d'amidon de maïs ou de blé. Il se désagrège alors en deux ou trois mois.

Pour le secteur de la distribution, le sujet est sensible. Pourtant, plusieurs grandes enseignes ont déjà engagé une action dans ce sens, parfois de manière significative comme Leclerc qui a supprimé tous les sacs gratuits dans la plupart de ces magasins au profit de sacs consignés. Selon l'enseigne, en sept ans, elle distribue 20 fois moins de sacs qu'avant, ce qui représente une économie de 34.000 tonnes de sacs plastiques pour toute la période. Auchan a également engagé une action mais dans une moindre proportion. "Nous préférons une approche pédagogique et de sensibilisation de nos consommateurs", explique Pierre Frisch, directeur de l'environnement chez Auchan. L'enseigne a promis une réduction de 10% de ses sacs en 2004, grâce notamment à une formation des hôtesses de caisse. Défi atteint, puisqu'en septembre la baisse atteignait 11, 5%, soit 110 millions de sacs plastiques en moins ces sept derniers mois. Le distributeur travaille aussi à promouvoir des alternatives payantes comme des cabas élaborés dans des matières premières plus recyclables. Elle ouvre d'ailleurs de plus en plus de caisses dites vertes proposant exclusivement des emballages moins polluants. Pourtant Pierre Frisch n'est pas convaincu par les sacs biodégradables à base d'amidon de maïs: "en amont, la production du maïs pose problème car elle nécessite une consommation excessive d'eau et de produits phytosanitaires, sans oublier le souci des organismes génétiquement modifiés". Il craint aussi que les consommateurs ne laissent ces sacs en toute bonne conscience dans la nature alors que la biodégradabilité ne s'effectue que selon certaines conditions de température et d'hygrométrie.

Un rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie (Ademe), sur l'analyse du cycle de vie des sacs plastiques effectué à la demande de Carrefour a été publié en février 2004. La solution privilégiée est le cabas PE souple s'il est réutilisé au moins quatre fois. Le cabas PE plus intéressant que le sac biodégradable? Il faut dire que son prix est excessif. Il est à peu près cinq fois plus élevé que le sac plastique qui coûte en moyenne 1 centime d'euro. D'après Pierre Frisch, "même s'il était produit en grande quantité, le prix serait toujours très significativement supérieur au plastique. Un coût qui serait supporté par les consommateurs". Tous les acteurs, professionnels, politiques et citoyens, semblent aller dans le même sens: l'abandon du sac plastique dans les années à venir et une réflexion pour des solutions alternatives plus écologiques.




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