Vers une gestion durable de la mer d'Aral?

Le 18 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Dans un rapport publié le 11 juillet dernier et intitulé «Environnement et sécurité dans le bassin de l'Amou-Daria», le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) tire la sonnette d'alarme sur des décennies de surexploitation des eaux du plus long fleuve de cette région d’Asie centrale. Il faut dire que le niveau de la mer d'Aral dans la partie sud, c’est-à-dire là où se jette l'Amou-Daria, a baissé de 26 mètres depuis les années 1960, et le rivage a reculé de plusieurs centaines de kilomètres, ont indiqué les experts du Pnue. Le rapport souligne qu’entre 1960 et 1990, la concentration en sel de la mer d’Aral a plus que doublé. Ces experts notent également que les pollutions dues à l'agriculture et aux déchets métalliques constituent un défi pour la santé humaine.

«D'un point de vue sécuritaire, le changement climatique, l'eau, l'énergie et l'agriculture constituent les principaux points chauds du rapport qui révèle qu’une instabilité potentielle et même une confrontation peuvent naître du captage des eaux en amont, réduisant leur disponibilité et leur qualité en aval», déclare Achim Steiner, le directeur exécutif du Pnue et secrétaire général adjoint des Nations unies.

Le rapport explique que cette situation est une conséquence de l'époque soviétique, avec le lancement de la culture massive de coton dans la région, décidée par Moscou. Très consommatrice en eau, la culture du coton a également nécessité de nombreux produits chimiques (pesticides et fertilisants), polluant sols et rivières. A cela se sont ajoutées des décennies d'utilisation intensive pour l'énergie hydraulique.

L’Agence des Nations unies a donc annoncé qu’elle souhaitait améliorer la coopération entre les 4 principaux états riverains -Afghanistan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan- concernant le partage des ressources en eau, notamment du fleuve Amou-Daria, une coopération vitale pour prévenir les conflits. Les difficultés de cette région sont liées à différents projets hydroélectriques et notamment ceux de l’Afghanistan et du Tadjikistan, mais aussi à des systèmes d'irrigation inefficaces –seule une fraction des 7.000 à 12.000 mètres cubes d’eau prélevée par hectare atteint véritablement les cultures et les champs. L’évaporation et les fuites sur les canaux entrainent une perte de moitié des volumes prélevés. Enfin, une forte croissance démographique et des problèmes liés au changement climatique accentuent les tensions liées à la gestion de l’eau dans la région.

La ratification de la Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux «devrait bénéficier aux pays riverains en fournissant un cadre de travail commun sur l'utilisation des eaux de l'Amou-Daria. Il devrait y avoir une consultation au sein de ces pays et entre eux afin que tous contribuent à l'établissement d'un système d'eau juste, approprié et opérationnel», conclut le rapport du Pnue.

 


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