Vers une gestion durable de l’eau en France

Le 20 septembre 2006 par Agnes Ginestet
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Le comité national de suivi des effets de la sécheresse sur la ressource en eau s’est réuni le 19 septembre pour la dernière fois de l’année. Parmi les sujets abordés: l’état des nappes phréatiques, le bilan de la campagne de sensibilisation et les bassins versants expérimentaux.

Le 19 septembre, 62 départements étaient toujours soumis à des arrêtés limitant les prélèvements d’eau. La situation reste préoccupante pour certaines zones. En effet, la recharge des nappes souterraines est très inférieure à la normale dans le bassin parisien, la région Centre ou encore le sud de la Garonne. En revanche, elle est proche de la normale dans la plus grande partie des régions (Bretagne, Aquitaine, Corse…). Par ailleurs, les débits des cours d’eau demeurent faibles pour la saison sur les deux tiers du territoire et pour 34 départements, et la situation a été plus grave qu’en 2005 en termes de mortalité piscicole. «Il faut nous préparer à ce que les nappes ne se rechargent pas complètement durant les prochains mois. Nous partons ainsi sur un déficit en eau pour 2007» a déclaré Nelly Olin, ministre chargée de l’environnement.

Toutefois, des points positifs ont été relevés pour 2006. Par exemple, il n’y a pas eu de coupures d’eau potable, et les barrages qui étaient remplis à 50% l’an dernier l’étaient totalement cette année. Le ministère chargé de l’environnement et les agences de l’eau ont lancé cet été une campagne de sensibilisation du public à une utilisation économe de l’eau. «Elle a porté ses fruits car les régions sensibles n’ont pas été privées d’eau potable», a indiqué Nelly Olin. Cette année, 8% des surfaces cultivées en maïs ont été abandonnées au profit d’autres cultures comme les petits pois et le blé, qui nécessitent moins d’apport d’eau. Au total, les surfaces de maïs ont diminué de 20% depuis 2 ans, ce qui permet de réduire l’irrigation. Nelly Olin a d’ailleurs tenu à saluer les efforts fournis par la profession agricole. Enfin, durant cet été, seule la centrale thermique d’Aramon a utilisé sa dérogation pour fonctionner le 27 juillet suivant les modalités définies par l’autorisation ministérielle. Trois dérogations avaient été acceptées à titre préventif pour assurer le maintien de la sécurité du réseau de distribution électrique.

Les membres du comité sécheresse ont également abordé le sujet des bassins versants pilotes, qui présentent un déséquilibre entre ressources disponibles et besoins en eau. L’objectif de l’expérimentation étant de trouver des solutions pérennes au déficit en eau, pour remplacer les gestions de crise annuelles. Jean-Louis Beseme, président du comité sécheresse, a indiqué qu’il existe des pistes concernant la nappe phréatique de Champigny, très exploitée pour l’eau potable de la région parisienne. Mais dans l’ensemble, les solutions sont pour l’instant peu nombreuses et elles dépendent du type de bassin versant. «Dans les bassins comme l’Adour-Garonne où l’irrigation est importante, il faut trouver des solutions durables avec les agriculteurs» a déclaré Jean-Louis Beseme. Les exigences des industries agro-alimentaires en matière d’irrigation constituent notamment un problème à prendre en compte. Pour le comité, il faut trouver des solutions qui tiennent compte à la fois des réalités écologiques et économiques.

«Si l’on veut prévoir l’avenir en tenant compte des changements climatiques, il est indispensable d’explorer toutes les possibilités pour trouver et exploiter l’eau, et de mettre en place les outils nécessaires au lieu de gérer la crise tous les ans», a finalement confié Nelly Olin.


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