Vers une chute majeure des émissions de CO2

Le 09 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une baisse deux fois supérieure à celle enregistrée à l'issue de la seconde guerre mondiale.
Une baisse deux fois supérieure à celle enregistrée à l'issue de la seconde guerre mondiale.
Carbon Brief

Le ralentissement des activités humaines pourraient réduire de 5% les émissions anthropiques de CO2 entre 2019 et 2020. Du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale.

Dans bien des secteurs, 2020 sera une année des records. Et notamment pour ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES). Si bien des inconnues demeurent (durée du confinement, rythme de redémarrage des économies, météo), les premières esquisses du bilan carbone annuel commencent à apparaître.

Les premiers à avoir dégainés sont les analystes de l’agence de statistiques du département à l’énergie américain (IEA). Dans sa dernière étude prospective, l’IEA confirme le recul de la demande d’énergies fossiles aux Etats-Unis. La consommation de carburants automobiles devrait de 9%, contre 10% pour le kérosène aérien. La consommation industrielle de gaz naturel devrait baisser de 7%, contre 5,8% pour les particuliers. L’épidémie de Covid-19 a aussi ralenti, voire paralysé, l’activité des mines de charbon. Celles-ci ne devraient produire que 537 Mt de charbon, cette année, soit 22% de moins qu’en 2019.

le rebond américain

Au total, les émissions américaines de CO2 liées à l’énergie devraient décroître de 7,5% entre 2019 et 2020. Les analystes de l’IEA tablent toutefois sur une reprise relativement rapide de l’économie américaine et annoncent d’ores et déjà un rebond de 3,6% des rejets carbonés entre 2020 et 2021. bai

Ces données semblent assez cohérentes avec celles d’autres études. En début de semaine, Sia Partners a évalué les effets sur les émissions de dioxyde de carbone européennes des mesures de confinement actuels et de la baisse d’activité industrielles. En raison du fort ralentissement de l’activité des industries lourdes et des transports, les 27 réduisent de 58% leurs émissions anthropiques de gaz carbonique. Si les mesures de quarantaine devaient durer un mois et demi, l’espace européen réduirait de 5% ses rejets carbonés annuels le consultant français.

accord de Paris

5%, c’est presque le niveau de déflation carbonique auquel arrive Simon Evans. En se basant sur plusieurs estimations de production et de consommation d’énergie, le rédacteur en chef du site spécialisé Carbon Brief estime entre 4 et 5% la baisse des émissions mondiales de CO2 pour cette année. Une estimation qui concorde avec celle faite, la semaine passée, par le climatologue Rob Jackson, président de Global Carbon Project.

C’est deux fois plus important que le recul enregistré lors du second conflit mondial. C’est aussi le niveau d’économie d’émission qu’il nous faudrait maintenir chaque année pendant 30 ans pour espérer stabiliser le réchauffement à 1,5 °C, l'un des objectifs de l'Accord de Paris.

On peut désormais toucher du doigt le niveau d’effort à accomplir pour atteindre nos engagements climatiques.