Vers une baisse de 4 valeurs-limites d’exposition professionnelle

Le 15 octobre 2010 par Sabine Casalonga
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L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) propose de diminuer les valeurs-limites d'exposition en milieu professionnel (Vlep) pour 4 substances[1] et propose une valeur-limite biologique pour une 5e, selon 7 rapports d'expertise collective publiés le 13 octobre.

Pour le chrome hexavalent et ses composés, cancérogènes avérés pour l'homme, l’Anses préconise une Vlep-8h (moyenne pondérée maximale sur 8 heures) de 1 microgramme par mètre cube (µg/m3), soit 50 fois inférieure à la Vlep existante (50 µg/m3). 108.000 salariés y seraient exposés, principalement dans la métallurgie. L'Anses recommande que leurs utilisations ne soient maintenues que si elles sont strictement nécessaires et qu'aucune substitution n'est envisageable.

Une Vlep-8h à 0,01 µg/m3 est par ailleurs recommandée pour le béryllium et ses composés, également cancérogènes avérés pour l'homme. La Vlep existante est de 2 µg/m3. La substitution doit rester la démarche prioritaire et le principe Alara[2] doit être appliqué, indique l’Anses. Qui appelle également à prendre en compte l'exposition par voie cutanée pour prévenir le risque de pathologies immuno-allergiques.

Concernant le styrène, utilisé pour la fabrication de matières plastiques et de caoutchoucs, l'Anses propose de réduire de près de 50 % la valeur actuelle, en recommandant une Vlep-8h à 100 mg/m3 afin de prévenir d'éventuels effets neurotoxiques. Elle préconise également la fixation d'une valeur-limite court terme (VLCT-15min) à 200 mg/m3 pour prévenir le risque d’irritation respiratoire.

Le perchloroéthylène (ou tétrachloroéthylène), utilisé pour le nettoyage à sec des vêtements et pour le dégraissage des métaux, est un cancérogène suspecté, mais non avéré. L'Anses recommande de fixer une Vlep-8h à 138 mg/m3 (contre 335 mg/m3 aujourd’hui) pour prévenir les effets neurotoxiques et de fixer une VLCT-15min à 275 mg/m3 afin de limiter les effets des pics d'exposition.

Enfin, pour le 2-butoxyéthanol et son acétate, l'Agence vient compléter la Vlep qu'elle a définie en 2008 en proposant une valeur-limite biologique qui permettra de suivre l'exposition réelle des travailleurs. 

Après discussion au sein des instances paritaires du ministère du travail, ces recommandations pourront conduire à l'élaboration de valeurs-limites réglementaires.

Les deux derniers rapports concernent la méthodologie (construction et mesure des Vlep) et la problématique des pics d'exposition. L'Anses introduit un nouveau concept de « valeur-plafond » [concentration dans l’air ne devant être dépassée à aucun moment de la journée] pour certaines substances notamment très irritantes ou corrosives.

 



[1] Chrome hexavalent et ses composés, béryllium et ses composés, styrène et perchloroéthylène

[2] As Low As Reasonably Achievable : aussi bas que raisonnablement possible



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